01-11-2020

En Drapeau Rouge – Rode Vaan no 1, sept. 2020: Crise des soins de santé et crise du capital




En Drapeau Rouge – Rode Vaan no 1, sept. 2020:



Crise des soins de santé et crise du capital

En 2020, la pandémie COVID-19 met en évidence de façon criante la crise profonde que traverse le secteur des soins de santé, dans le monde capitaliste belge et européen. Mais cette crise ne date pas d’hier, et s’intègre dans les attaques globales de la bourgeoisie contre la sécurité sociale.


La privatisation d’un secteur de la santé toujours plus livré à la loi anarchique de la concurrence

Dans notre société capitaliste, l’activité économique est entièrement tournée vers la production et la vente de marchandises qui permet – par l’exploitation des travailleurs – aux classes dirigeantes d’extraire des profits faramineux sur le dos des masses.

Dans une certaine mesure, surtout depuis la 2e guerre mondiale et en particulier par la victoire de l'URSS sur l'Allemagne nazie, les luttes acharnées des travailleurs ont permis de préserver partiellement le secteur de la santé de cette marchandisation en les confiant aux mains du secteur public ou via un contrôle public étroit. C’était une période – entre 1950 et 1980 environ – de croissance de l’économie, pendant laquelle les travailleurs – nécessaires pour la production – étaient relativement mieux traités qu’aujourd’hui.

Mais la tendance lourde du capital, qui a repris vigueur vers 1980, s’est attaquée à ces acquis. La surcapacité chronique du capital a attisé la lutte entre puissances capitalistes pour les parts de marché et poussé à une augmentation terrifiante de l’exploitation de la classe laborieuse.

Ainsi, de nos jours, nombre de maisons de repos et de soins (MRS) sont acquises et exploitées par des entreprises souvent multinationales qui, pour maximiser leurs profits, y font régner des conditions de travail effroyables au détriment tant des pensionnaires que des travailleurs.

On assiste à une privatisation progressive du secteur, fondée sur la marchandisation du soin. En effet, on ne privatise pas en un jour ou un an un secteur fondé sur le service au public, résultats des plus grandes luttes pour la sécurité sociale de l’immédiate après-guerre. Il faut tout d’abord réaliser des économies et convertir le fonctionnement du secteur à la marchandisation.


On connaît bien les économies que les gouvernements successifs, libéraux, P«S», nationalistes ou catholiques, tentent de réaliser dans les soins de santé sous l’impulsion des directives de l’Union Européenne. Le nombre de lits d’hôpitaux en Belgique, qui augmentait jusqu’en 1980 (9.4 lits pour 1000 habitants) a diminué en 40 ans de plus d’un tiers (aujourd’hui : environ 6 lits pour 1000 habitants) – ce qui a décuplé l’impact du coronavirus dans les hôpitaux, qui arrivaient bien vite à saturation.

Entre 2011 et 2018, l’Union Européenne a ainsi recommandé 63 fois à ses états membres de réduire les dépenses de santé. Au plus fort de la crise, ces criminels exigeaient que la Grèce limite les dépenses publiques de santé « à 6% du PIB ou moins » - alors que le PIB lui-même diminuait d’environ 25% ! En liant les coûts de santé publique au PIB, les experts à la solde du capital savent bien les dommages qu’ils causent – puisqu’ils exigent des réductions supplémentaires des frais de fonctionnement des structures sanitaires publiques pendant les périodes de crise du capital, où le peuple a encore moins les moyens de payer de sa poche le médecin et les médicaments !

Mais outre les économies, c’est toute la logique du secteur qui change peu à peu : la marchandisation du secteur s’accroît avec l’augmentation du capital fixe qui y est investi, non seulement pour des causes objectives (vieillissement de la population, technicité croissante de la médecine par exemple en imagerie médicale) mais surtout pour des raisons d’organisation politique : la bride est lâchée aux entreprises pharmaceutiques qui font la loi dans le secteur de la santé, l’Union Européenne via sa « directive services » régule et légifère pour abattre les secteurs publics et ouvrir tous les domaines à la concurrence, on fait des économies sur les programmes de prévention qui pourraient diminuer les coûts de la santé et on introduit des modes de tarification et de financement qui brisent la solidarité entre les acteurs du secteur.

Ainsi, des règles de financement complexes et souvent contradictoires contribuent à démanteler les services publics, notamment hospitaliers. La logique en est double :

- D’un côté, au lieu de financer globalement les hôpitaux, on introduit toujours davantage de financements à l’acte. Certains actes, notamment médico-techniques (par exemple de radiologie), sont très rémunérateurs, pour les hôpitaux et pour les prestataires de soins – en particulier certaines catégories privilégiées de médecins. De nombreux hôpitaux vont alors encourager leur personnel à prescrire et réaliser des milliers d’examens et d’actes qui n’ont aucun intérêt médical pour le patient mais qui sont bien remboursés par l’INAMI. Evidemment, quelqu’un doit bien les payer. Et ce que les hôpitaux et les médecins récoltent, c’est la sécurité sociale qui le paie. On introduit ainsi une concurrence entre deux domaines de la sécurité sociale, qui « devient de plus en plus chère » et « doit être privatisée » selon la vulgate dominante.
- Par ailleurs, le « Budget des Moyens Financiers » (BMF) des hôpitaux est déterminé selon une logique tout-à-fait perverse. On détermine, pour une activité particulière (par exemple l’informatisation du dossier du patient) ou globalement pour une catégorie d’hospitalisations une « enveloppe globale » pour tous les hôpitaux du pays. Système pervers qui instaure une austérité de facto, et est appliqué dans de nombreux autres services publics : on répartit cette enveloppe entre les hôpitaux en fonction de la « qualité » et de la « quantité » d’activité. Ceci est mesuré via le « Résumé Infirmier Minimum » (RIM ou DI-RHM) et le « Résumé Clinique Minimum ». Chaque année, on finance alors mieux, par exemple, les hôpitaux qui – pour un certain type d’intervention (comme une appendicectomie) – ont une durée moyenne de séjour plus basse que les autres. Chaque hôpital va donc tenter de diminuer la durée de ses séjours pour être en-dessous de la moyenne. Mais évidemment, alors, puisque tous les hôpitaux font pareil, la moyenne diminue l’année suivante. Et on entre dans une spirale infernale où on veut des hospitalisations toujours plus brèves, et où jette le patient hors de l’hôpital avant que ce ne soit raisonnable.

Dans les hôpitaux, on diminue alors le nombre de soignants mais on crée des services entiers de financiers diplômés qu’on emploie comme « contrôleurs de gestion » pour optimaliser la tarification et le « BMF » alloué à l’hôpital.

En outre, pour pallier aux insuffisances de son financement, l’hôpital doit souvent se prostituer devant les assurances de santé privées. Celles-ci sont aussi payées par les travailleurs, directement ou indirectement. Et, comme le « deuxième pilier de pension », ces assurances privées commencent peu à peu à prendre le pas sur la sécurité sociale pour tous. Et même les mutuelles sont poussées, voire obligées par les directives européennes, à rentrer dans ce jeu infâme.

Peu à peu, à cause de cette logique et malgré les efforts considérables des soignants et de tous les personnels des hôpitaux, les soins de santé se dégradent. On les juge encore trop coûteux, notamment à cause de la ponction des firmes pharmaceutiques avec des médicaments que les hôpitaux, comme les patients, paient toujours plus cher. La situation est mûre pour déclarer que « les services publics ne fonctionnent pas » ou que « notre système de soins de santé doit être réformé ».

Le fruit est mûr alors pour être cueilli par le grand capital multinational, et on privatise le secteur.

Si cette logique est, dans une certaine mesure, encore tempérée par les acquis de la sécurité sociale en Belgique, elle est néanmoins déjà bien présente. On sort de la logique visant à satisfaire un besoin social et collectif, et on rentre dans la logique de l’offre et de la demande solvable. Et tant pis pour ceux qui ont le plus besoin de soins de santé et le moins de moyens pour se les payer !

A un moment donné l'ensemble du secteur bascule dans le privé et nous nous retrouvons dans un système à l'américaine, où on refuse des malades non assurés ou on force les gens à s'assurer partiellement à cause des coûts de la protection, avec les conséquences très graves si on a coché les mauvaises cases à ce lotto de l’assurance et « oublié » d'assurer la maladie qui vous frappe. C'est l'endettement à vie, ou la vente de la maison ou carrément la rue !!!


La pandémie et le festin des charognards du numérique.

Nous savons que cette pandémie est une aubaine pour certains secteurs du capital, parmi ceux dont les profits étaient déjà les plus élevés. Les secteurs de haute technologie font semblant d’«aider » le secteur de soins « offrant des tablettes » aux hôpitaux et maisons de repos « pour garder le contact », en proposant des systèmes de vidéoconférence « gratuits » aux institutions de soins le temps de la pandémie. En fait, ces entreprises exercent une pression permanente pour qu’on abolisse les structures collectives de la santé (hôpitaux, centres de proximité) et qu’on les remplace par des solutions technologiques éventuellement soutenues par des soignants privatisés. Ceci permettra de continuer à diminuer le nombre de lits d’hôpitaux, tandis que les malades seront « hospitalisés à domicile » et que des infirmières indépendantes leur rendront visite une à deux fois par jour. Bien évidemment le malade sera d’autant mieux « hospitalisé à domicile » que son logement est spacieux et décent, et la qualité des soins (en termes d’hygiène et de confort notamment) devient de plus en plus une question de classe. L’hôpital, comme toutes les structures collectives hérités du passé, visait dans une certaine mesure à fournir à tous des soins de qualité identique (avec quelques différences de « confort » et d’« hôtellerie » - entre chics hôpitaux privés et hôpitaux publics mal financés, entre « chambres individuelles » impayables pour les prolétaires et chambres à 2 ou 4 lits). A présent, le malade qui dispose d’un meilleur logement et d’une meilleure infrastructure de connectivité (connexion internet rapide avec wifi dans toutes les pièces, smartphone de toute dernière génération) pourra être mieux suivi. Pendant ce temps-là, Telenet et Proximus font d’immenses bénéfices, sans parler d’Apple dont la capitalisation en bourse vient de dépasser les 2000 milliards de dollars. Les « données de santé », collectées via mille « applications sur smartphone » et « dispositifs connectés » (thermomètre digital, …) seront exploitées par google et compagnie qui les revendront aux compagnies d’assurance et aux firmes pharmaceutiques. Nous n’en sommes pas très loin.

La destruction des structures collectives de santé est donc accélérée par la pandémie de Covid-19, dans un grand festin des charognards du grand capital du numérique et de la vente en ligne.


Une politique non seulement d’économie, mais aussi de division des travailleurs

Pendant cette crise sanitaire, on a beaucoup parlé du scandale de la désorganisation des décisions politiques dans un pays où les compétences en matière de santé sont réparties entre 9 ministres. Au niveau des institutions et services de santé eux-mêmes, la situation n’est pas meilleure : la prévention dépend des communautés, les hôpitaux du fédéral et les maisons de repos et de soins (MRS) des régions !

Vu les tensions en matière de financement, non seulement ceci empêche la mise au point de politiques sanitaires cohérentes (même si nos dirigeants le voulaient !) mais ceci contribue à diviser les travailleurs. Ainsi, une prime « coronavirus » sera attribuée spécifiquement aux soignants des hôpitaux, mais exclura ceux des MRS, qui en ont autant bavé !

Et partout, les dirigeants – ceux des partis bourgeois comme ceux parmi les organisations syndicales qui trahissent le peuple et négocient avec eux des pactes sociaux – segmentent les travailleurs pour, finalement, les dresser les uns contre les autres : ainsi, au sein du secteur hospitalier, on distinguera entre le personnel technique, le personnel ouvrier et de nettoyage, les brancardiers, les différentes catégories de soignants (aides-soignants, infirmiers avec plus ou moins de diplômes). Certains bénéficieront d’aides ou de revalorisations ponctuelles, d’autres non. Ainsi, dans les rares moments où la conjoncture (covid) ou les luttes des travailleurs (manifestations des « blouses blanches ») forcent les gouvernements à prendre des mesures d’aide envers certains travailleurs du secteur, on néglige toujours ceux des métiers de la santé (en particulier les corps de métier des hôpitaux) qui sont considérés comme moins proches des patients et moins reconnus. Ces métiers sont pourtant tout aussi indispensables pour faire fonctionner l'hôpital.

La logique du capital envahit toujours davantage le secteur de la santé : la stratégie de la bourgeoisie vise à en accélérer la privatisation en le rendant plus « compétitif » et en y développant la concurrence entre institutions de soins, entre niveaux de pouvoir (régions, communautés, fédéral) mais aussi, hélas, entre travailleurs.


Un secteur de la santé malade dans une société malade du capitalisme

Mais le problème du secteur de la santé est global : les conditions de travail s’y dégradent dans toutes les institutions de soins, les équipements tombent en morceaux, tandis que la société dans son ensemble est de plus en plus malade. Partout, les travailleurs tombent victimes d’une organisation du travail insupportable : il y a plus de 400.000 malades de longue durée en Belgique, que la loi protège de moins en moins. Ainsi, la nouvelle loi sur les « trajets de réintégration » des malades de longue durée précarise les travailleurs, que l’on pousse à retourner dans leur boulot insupportable alors qu’ils ne sont pas guéris. Cela mène à des suicides !

La médecine et la science étant toujours davantage détournées au profit des capitalistes (notamment l’industrie pharmaceutique), on voit se développer dans la population une méfiance croissante envers la médecine et la science – même lorsque celle-ci est collectivement bénéfique (pour les campagnes de vaccination par exemple). Ceci contribue à la dégradation générale de la situation sanitaire dans nos pays.

Et on s’étonne alors que les institutions de soins de santé soient surchargées et que leur travail soit impossible !


Que faire ?

Nous devons lutter sans relâche contre l’ensemble des « réformes » de la sécurité sociale et des soins de santé qui se sont succédé au cours des quarante dernières années, réformes dont tous les partis bourgeois se sont rendus complices – y compris trop souvent les directions syndicales.

Nous ne devons pas avoir d’illusions : dans le cadre du capitalisme, il est impossible que l’ensemble du peuple bénéficie durablement de tous les progrès techniques, dans le domaine de la santé comme dans tout autre domaine où la productivité du travail augmente. Avoir des soins de santé efficaces pour tous, avoir le droit au travail, à l'éducation, à la culture, à la démocratie réelle etc. ne pourra se faire que lorsqu'on se sera débarrassés de ce capitalisme en décomposition avancée et que l'on aura instauré la société socialiste (à chacun selon son travail), prélude à la société communiste (à chacun selon ses besoins). Le Parti Communiste milite pour ce changement de société.

Le paradoxe pervers du capital, c’est que le progrès qui devrait bénéficier à l’humanité devient l’ennemi de l’humanité et que ce qui devrait rendre plus léger et plus bref le fardeau du travailleur est utilisé pour le menacer, le précariser ou réduire son salaire. Bref, le progrès technologique sous le capitalisme est au service de l'exploitation de plus en plus féroce des travailleurs. Ceci est vrai dans le secteur de la santé comme dans tout autre secteur. Quand les bourgeois écrivent que les soins de santé coûtent trop chers, ce n’est qu’une nouvelle illustration de ce principe.

Nous devons lutter contre chacun de ces reculs, sachant bien que le point de rupture approche. Des soins de santé convenables, des bonnes conditions de travail pour tous, ce sont des besoins élémentaires mais incompatibles avec la survie du capitalisme.

Nous devons lutter pour une médecine, préventive et curative, intégrée au tissu social, aux quartiers, aux entreprises, à la société tout entière. Cette approche du « soin intégral », partiellement développée à un niveau très local en Belgique sous la forme de maisons médicales, doit être déployée au niveau global et de l’état. Cette notion du « soin intégral » pour la communauté tout entière est ce qui fait le succès de la médecine cubaine, efficace et accessible dans un pays pourtant défavorisé économiquement et appauvri par l’impitoyable embargo US. La pandémie démontre bien les limites du modèle individualiste de l’organisation de la santé, alors que le modèle cubain se base sur des « activités d’éducation, de promotion, de guérison et de réhabilitation sanitaire, dirigées vers l’individu, la famille et la communauté

Cette lutte, c’est la lutte des travailleurs du secteur de la santé, qui aujourd’hui sont en première ligne et pour qui nous devons exiger des emplois en suffisance, avec de bons équipements et de bonnes conditions de travail. Mais c’est aussi la lutte de tout le monde pour l’accessibilité à tous de soins de santé de qualité, pour tous les travailleurs, malades du capital ou menacés par celui-ci.


Groupe de Travail Santé du PCB-CPB

Uit Drapeau Rouge – Rode Vaan no 1, sept. 2020: Crisis van de gezondheidszorg en crisis van het kapitaal


Uit Drapeau Rouge – Rode Vaan no 1, sept. 2020:



Crisis van de gezondheidszorg en crisis van het kapitaal


De COVID-19-pandemie van 2020 maakt de diepe crisis, waarmee de gezondheidszorg wordt geconfronteerd, héél duidelijk en concreet. Dit in de hele kapitalistische wereld, in België èn Europa. Maar deze crisis is niet nieuw en maakt deel uit van de wereldwijde aanvallen van de burgerij op de sociale zekerheid.


De privatisering van een gezondheidssector, steeds meer onderworpen aan de anarchie van concurrentie

In de kapitalistische maatschappij is de economische activiteit volledig gericht op de productie en verkoop van waren, waardoor de heersende klassen enorme winsten kunnen halen uit de grootst mogelijke uitbuiting van de werkers.

Tot op zekere hoogte, vooral sinds de Tweede Wereldoorlog en in het bijzonder door de overwinning van de USSR op nazi-Duitsland, maakte de strijd van de werkers dat de gezondheidssector nog een openbare sector bleef die voor ieder toegankelijke gezondheid leverde. Het was een periode – van eind ‘50 tot 1980 - van sterke economische groei, waarin de werkers – omdat die nodig waren voor de productie - relatief beter werden “betaald” dan nu.

Door chronische overcapaciteit, kwam een einde aan die sterke groei, rond 1980. Die chronische overcapaciteit heeft de strijd tussen de kapitalisten om de marktaandelen van de concurrenten, aangewakkerd en geleid tot een enorme toename van de uitbuiting van de arbeidersklasse.

In de gezondheidssector leidde dit tot geleidelijke privatisering van de sector, waardoor de zorg meer en meer “koopwaar” werd.

Een sector die gebaseerd is op dienstverlening aan het publiek, het resultaat van de strijd voor sociale zekerheid in de naoorlogse periode, kan men niet zomaar in één dag of één jaar privatiseren. De eerste stap was besparingen door voeren en de werking van de sector om te zetten in “warenverkoop”.


We kennen nog goed de besparingen die opeenvolgende regeringen, van liberalen, socialisten, nationalisten of katholieken, probeerden door te voeren in de gezondheidszorg onder impuls van de richtlijnen van de Europese Unie. Het aantal ziekenhuisbedden in België, dat tot 1980 nog toenam (tot 9,4 bedden per 1000 inwoners), is in 40 jaar tijd met meer dan een derde afgenomen (vandaag: ongeveer 6 bedden per 1000 inwoners) – hetgeen de impact van het coronavirus in ziekenhuizen vertienvoudigde, doordat men snel het verzadigingspunt bereikte.

Tussen 2011 en 2018 heeft de Europese Unie haar lidstaten zo dus al 63 keer aanbevolen om de uitgaven voor gezondheidszorg te verminderen. Op het hoogtepunt van de crisis eisten deze criminelen dat Griekenland de uitgaven voor volksgezondheid zou beperken tot "6% van het BBP of minder" - terwijl het BBP zelf met ongeveer 25% daalde! Door de volksgezondheidskosten te koppelen aan het BBP, zijn deskundigen op het gebied van kapitaalbalans zich terdege bewust van de schade die zij veroorzaken - aangezien zij verdere verlagingen eisen van de exploitatiekosten van openbare gezondheidsfaciliteiten in tijden van kapitaalcrisis, wanneer de mensen nog minder middelen hebben om dokters en medicijnen uit eigen zak te betalen!

Maar naast de besparingen verandert de hele logica van de sector beetje bij beetje: het verworden tot koopwaar van de sector neemt toe met de toename van het privé-kapitaal dat erin wordt geïnvesteerd. Dit gebeurt niet alleen omwille van objectieve oorzaken (vergrijzing van de bevolking, toenemende technische aard van de geneeskunde, bijvoorbeeld in medische beeldvorming), maar vooral om politieke redenen: de teugels worden in handen gegeven van farmaceutische bedrijven die de wet dicteren in de gezondheidssector. Maar ook de Europese Unie wil via haar "dienstenrichtlijn" en wetten, de publieke sectoren vernietigen en alle gebieden voor concurrentie open te stellen. Er wordt bespaard op preventieprogramma's die de gezondheidskosten kunnen verlagen en men introduceert prijs- en financieringsmethoden die de solidariteit tussen spelers in de sector doorbreken.

Zo helpen complexe en vaak tegenstrijdige financieringsregels bij het ontmantelen van openbare diensten, met name ziekenhuizen. De logica is tweeledig:

Enerzijds, in plaats van ziekenhuizen als één geheel te financieren, introduceert men vooral financiering naar prestatie. Bepaalde handelingen, met name medisch-technische (bijvoorbeeld radiologie), zijn zeer lonend, zowel voor ziekenhuizen als voor zorgverleners - met name bepaalde bevoorrechte categorieën artsen. Veel ziekenhuizen zullen dan hun personeel aanmoedigen om duizenden onderzoeken en procedures te bestellen en uit te voeren die geen medisch belang hebben voor de patiënt, maar die wel goed worden vergoed door het RIZIV. Het is duidelijk dat iemand ze goed moet betalen. En voor wat ziekenhuizen en doktoren oogsten, is het de sociale zekerheid die betaalt. Dit introduceert concurrentie tussen twee domeinen van de sociale zekerheid, die "steeds duurder worden" en "geprivatiseerd moeten worden" volgens de heersende visie.

Bovendien wordt het "Budget van Financiële Middelen" (BMF) van ziekenhuizen bepaald volgens een volkomen perverse logica. Voor een bepaalde activiteit (bijvoorbeeld de automatisering van het patiëntendossier) of globaal voor een categorie van ziekenhuisopnames, wordt een "globale enveloppe" bepaald voor alle ziekenhuizen in het land. Een pervers systeem dat de facto bezuinigingen bewerkstelligt, en wordt toegepast in vele andere openbare diensten: deze enveloppe wordt over de ziekenhuizen verdeeld volgens de "kwaliteit" en "kwantiteit" van de activiteit. Dit wordt gemeten via de “Nursing Minimum Dataset” (NMDS) en de “Hospital Minimum Dataset”. Zo financiert men jaarlijks meer de ziekenhuizen die - voor een bepaald type ingreep (zoals een blindedarmoperatie) - een lagere gemiddelde opnameduur hebben dan andere. Elk ziekenhuis zal daarom proberen de duur van zijn opnameduur in te korten tot onder het gemiddelde. Maar uiteraard, aangezien alle ziekenhuizen hetzelfde doen, daalt het gemiddelde het volgende jaar. En zo komt men in een neerwaartse spiraal terecht waarin men steeds kortere ziekenhuisopnames wilt, en men de patiënt het ziekenhuis uitgooit, waar dat eigenlijk nog niet zou moeten.

In ziekenhuizen vermindert men vervolgens het aantal zorgverleners, maar men creeërt wel afdelingen van financiële experts die als "managementcontrollers" worden ingezet om de prijsstelling en de "BMF" die aan het ziekenhuis wordt toegewezen te optimaliseren.

Daarbij moet het ziekenhuis zich nu vaak prostitueren bij de privé-ziektekostenverzekering om zijn financieringstekorten te compenseren. Deze worden ook direct of indirect door de werkers betaald! En, net als de “tweede pensioenpijler”, beginnen deze privé-verzekeringen langzamerhand voorrang te krijgen op de sociale zekerheid voor iedereen. En zelfs de mutualiteiten worden door Europese richtlijnen gedwongen of zelfs gedwongen om dit duivelse spel te spelen.

Geleidelijk aan, vanwege deze logica en ondanks de aanzienlijke inspanningen van zorgverleners en al het ziekenhuispersoneel, verslechtert de gezondheidszorg. Ze wordt nog steeds als te duur beschouwd, vooral vanwege het aandeel van medicijnen geleverd door de farmaceutische bedrijven waar ziekenhuizen, net als patiënten, steeds meer voor moeten betalen. Die situatie leidt naar verklaringen dat "openbare diensten niet werken" of dat "ons gezondheidszorgsysteem hervormd moet worden".

Het fruit wordt zo rijp gemaakt om geplukt te worden door het multinationale grootkapitaal... en zo wordt de sector geprivatiseerd.

Hoewel deze logica tot op zekere hoogte nog getemperd wordt door de verworvenheden van de sociale zekerheid in België en het verzet van de werkers, is ze toch al sterk aanwezig. Men stapt af van de logica van het voldoen aan een sociale en collectieve behoefte, en men begint de logica te volgen van een aandbod om te voldoen aan een koopkrachtige vraag. En jammer voor degenen die de gezondheidszorg het meeste nodig hebben maar de minste middelen hebben om ervoor te betalen!

Op een gegeven moment schakelt de hele sector over naar de privésector en bevinden we ons in een Amerikaans systeem, waar onverzekerde patiënten worden geweigerd of mensen worden gedwongen om zich gedeeltelijk te verzekeren vanwege de kosten van bescherming. Dit kan dan weer zeer ernstige gevolgen hebben als u de verkeerde vakjes in deze verzekeringslotto aanvinkt en u juist voor de ziekte “vergat” te verzekeren "vergat" de ziekte die u treft. Het resultaat is een levenslange schuld, of de verkoop van het huis… en anders de straat!


De pandemie en het feest van de digitale speurneuzen.

We weten dat deze pandemie een zegen is voor bepaalde kapitaalsectoren, juist voor degenen wier winsten toch al het hoogst waren. De hightechsectoren pretenderen de zorgsector "te helpen" door het aanbieden van tablets aan ziekenhuizen en verpleeghuizen "om contact te houden", door "gratis" videoconferentiesystemen aan te bieden aan zorginstellingen gedurende de pandemie. In feite oefenen deze bedrijven een constante druk uit om collectieve gezondheidsstructuren (ziekenhuizen, gemeenschapscentra) af te schaffen en te vervangen door technologische oplossingen die mogelijk worden ondersteund door geprivatiseerde zorgverleners. Hierdoor kan het aantal ziekenhuisbedden NOG verder worden teruggebracht, worden patiënten 'thuis verpleegd' en komen zelfstandige verpleegkundigen één of twee keer per dag op bezoek.

Het is duidelijk dat de patiënt des te beter "thuis verpleegd" zal zijn, naarmate zijn accommodatie ruim en degelijk is, waardoor de kwaliteit van de zorg (met name op het gebied van hygiëne en comfort) steeds meer een kwestie van klasse wordt.

Het ziekenhuis, zoals alle collectieve structuren die uit het verleden zijn geërfd, had tot op zekere hoogte tot doel om iedereen zorg te bieden van identieke kwaliteit. Zo onstonden er al verschillen in "comfort" en "hotel" - tussen chique privéziekenhuizen en slecht openbare ziekenhuizen. gefinancierd, tussen voor werkers onbetaalbare "eenpersoonskamers" en kamers met 2 of 4 bedden.

Nu kan de patiënt met betere huisvesting en een betere connectiviteitsinfrastructuur (snelle internetverbinding met wifi in alle kamers, nieuwste generatie smartphone) NOG beter gevolgd worden. Ondertussen maken Telenet en Proximus enorme winsten, om nog maar te zwijgen van Apple, met een marktkapitalisatie van net meer dan $ 2 biljoen. De "gezondheidsgegevens", verzameld via duizend "smartphoneapplicaties" en "verbonden apparaten" (digitale thermometer, enz.), zullen worden gebruikt door Google en co, dat ze zal doorverkopen aan verzekeringsmaatschappijen en farmaceutische bedrijven. We zijn er al niet ver van verwijderd!

De vernietiging van collectieve gezondheidsstructuren wordt zo nog VERSNELD door de Covid-19-pandemie, in een groot feestmaal voor de aaseters van het grote digitale kapitaal en het groot kapitaal van de online verkoop.


Een beleid dat niet alleen gericht is op besparingen, maar ook op de verdeling van de werkers

Tijdens deze gezondheidscrisis werd er veel gepraat over het schandaal van de desorganisatie van politieke beslissingen in een land waar de gezondheidsverantwoordelijkheden verdeeld zijn over 9 ministers. Op het niveau van de gezondheidsinstellingen en -diensten zelf is de situatie niet beter: preventie hangt af van de gemeenschappen, ziekenhuizen zijn federaal en rust- en verzorgingstehuizen zijn regionale bevoegdheid!

Gezien de spanningen inzake financiering die zo ontstaan, staat dit niet alleen de ontwikkeling van een samenhangend gezondheidsbeleid in de weg (zelfs als onze politieke leiders het zouden willen!) maar draagt dit bij tot een verdeling van de werkers.

Zo wordt een "coronavirus"-bonus specifiek toegekend aan zorgverleners in het ziekenhuis, maar diegenen in de rust= en verzorgingshuizen, die juist zoveel hebben geleden, worden uitgesloten!

En zowel de leiders van burgerlijke partijen als sommigen van syndicale organisaties waarmee sociale pacten worden gesloten, verraden het volk en verdelen de werkers om ze dan ook nog tegen elkaar op te zetten. Zo wordt er binnen de ziekenhuissector onderscheid gemaakt tussen technisch personeel, arbeiders en schoonmaakpersoneel, brancardiers, de verschillende categorieën zorgverleners (verpleegassistenten, verpleegkundigen met meer of minder diploma's). Sommigen zullen profiteren van hulp of opwaarderingen, anderen niet. Dus in de zeldzame momenten dat de economische situatie (covid) of de strijd van de werkers (betogingen van de “witte woede”) de regeringen dwingen om hulpmaatregelen toe te kennen aan bepaalde werkers in de sector, negeert men altijd degenen in die gezondheidsberoepen (in het bijzonder in de ziekenhuizen) die als “minder dicht bij de patiënten” worden beschouwd en daarom minder erkend. Deze beroepen zijn echter net zo essentieel om het ziekenhuis te laten werken!

De logica van het kapitaal dringt in toenemende mate de gezondheidssector binnen: de strategie van de bourgeoisie beoogt haar privatisering te versnellen door haar "competitiever" te maken en door concurrentie te ontwikkelen tussen zorginstellingen, tussen overheidsniveaus (regio's, gemeenschappen, federaal) maar helaas ook tussen werkers.


Een zieke gezondheidssector in een samenleving die ziek is van het kapitalisme

Maar het probleem van de gezondheidssector is globaal: de arbeidsomstandigheden in alle zorginstellingen verslechteren, apparatuur valt uit elkaar, terwijl de samenleving als geheel steeds zieker wordt. Overal worden arbeiders het slachtoffer van een ondraaglijke werkorganisatie: er zijn meer dan 400.000 langdurig zieken in België, die door de wet steeds minder beschermd worden. Zo maakt de nieuwe wet over "re-integratieroutes" voor langdurig zieken, de onzekerheid bij de werkers groter. Ze worden gedwongen om naar hun ondraaglijke job terug te keren terwijl ze niet genezen zijn. Het leidt tot zelfmoorden!

Geneeskunde en wetenschap worden steeds meer gericht op de winsten van de kapitalisten (in het bijzonder de farmaceutische industrie), en men ziet bij de bevolking een groeiend wantrouwen jegens geneeskunde en wetenschap zich ontwikkelen - zelfs wanneer er nog een collectief nut is (zoals bij vaccinatie-campagnes bijvoorbeeld) Dit draagt bij aan de algemene verslechtering van de gezondheidssituatie in onze landen.

En dan verbaast men zich erover dat zorginstellingen zo overbelast zijn en hun werk onmogelijk wordt!


Wat te doen ?

We moeten onvermoeibaar strijden tegen alle opeenvolgende "hervormingen" van, en besparingen in de sociale zekerheid en de gezondheidszorg van de afgelopen veertig jaar, hervormingen en besparingen waaraan alle burgerlijke partijen medeplichtig zijn geweest - al te vaak met inbegrip van bepaalde vakbondsleiders.

We mogen geen illusies hebben: onder het kapitalisme is het onmogelijk dat het hele volk op lange termijn profiteert van alle technische vooruitgang, zowel op het gebied van gezondheid als op elk ander gebied waar de arbeidsproductiviteit toeneemt. Om voor iedereen effectieve gezondheidszorg te hebben, het recht te hebben op werk, onderwijs, cultuur, echte democratie, enz. kan dat alleen worden bereikt als we ons ontdoen van dit kapitalisme in vergevorderde ontbinding en verrotting, en we een socialistische samenleving hebben gevestigd (aan ieder naargelang zijn werk), als overgang naar de communistische samenleving (aan ieder volgens zijn behoeften en door ieder naargelang zijn mogelijkheden). De Communistische Partij strijdt en mobilisert voor deze verandering van de samenleving.

De perverse paradox van het kapitaal is dat de vooruitgang die de mensheid ten goede zou moeten komen, de vijand van de mensheid wordt en dat wat de last van de werker lichter en korter zou moeten maken, wordt gebruikt om hem te bedreigen, zijn bestaan onzekerder te maken of zijn loon te verlagen. Kortom, de technologische vooruitgang onder het kapitalisme staat in dienst van de steeds grotere uitbuiting van werkers. Dit geldt zowel in de gezondheidssector als in elke andere sector. Als de burgerij schrijft dat gezondheidszorg te duur is, is dat slechts een voorbeeld van dit principe.

We moeten elk van deze tegenslagen bestrijden, wetende dat het breekpunt nadert. Adequate gezondheidszorg, goede arbeidsomstandigheden voor iedereen, dit zijn basisbehoeften maar onverenigbaar met het voortbestaan van het kapitalisme.

We moeten vechten voor medicijnen, preventief en curatief, geïntegreerd in het sociale weefsel, buurten, bedrijven en de samenleving als geheel. Deze benadering van "allesomvattende zorg", gedeeltelijk ontwikkeld op zeer lokaal niveau in België in de vorm van gezondheidscentra, moet op mondiaal en nationaal niveau worden ingezet. Dit idee van "integrale zorg" voor de hele gemeenschap maakt de Cubaanse geneeskunde juist zo succesvol, effectief en toegankelijk in een land dat economisch benadeeld en verarmd is door het meedogenloze Amerikaanse embargo. De pandemie toont duidelijk de grenzen aan van het individualistische model van de organisatie van de gezondheid, terwijl het Cubaanse model gebaseerd is op "activiteiten van onderwijs, promotie, genezing en gezondheidsrevalidatie, gericht op zowel het individu, als het gezin en de gemeenschap.

Deze strijd is de strijd van werkers in de gezondheidssector, die vandaag aan de frontlinie staan ​​en voor wie we voldoende werkplaatsen moeten eisen, met goede uitrusting en goede arbeidsomstandigheden. Maar het is ook de strijd van alle werers en ontvangers van sociale uitkeringen om toegang tot hoogwaardige gezondheidszorg voor iedereen, voor alle werkers, ziek van of bedreigd door het kapitaal.


Werkgroep Gezondheid van de PCB-CPB 

24-09-2020

NÉGATIONISME de la fraction Bergen-Denonville: Nier le matérialisme historique, nier le rôle révolutionnaire de la classe ouvrière, nier le rôle du Parti Communiste

                                    Hier in het NEDERLANDS 
Le 36e Congrès du Parti communiste de Belgique a eu lieu fin 2017 et début 2018. Ce fut une congrès politiquement et idéologiquement intense, qui ne peut peut-être être comparée qu'à la première congrès de 1921.

Puis le groupe une fois EXCLU par le POB en tant que “fraction gauchiste s'est organisé en Parti communiste de Belgique selon le concept de parti du premier parti communiste, celui de l'Union soviétique. Le Parti Communiste de Belgique a également rejoint la Troisième Internationale.


36e congrès - 2018: de la stratégie du BWP de 1885 À NOUVEAU celle du PCB-CPB de 1921… mais les statuts n'ont pas été modifiés. Dans ce document, l'idéologie du BWP de 1885 persistait encore. C'est devenu l'arme de la fraction

Au 36e Congrès, ce qui restait du Parti communiste de Belgique, mais qui finalement s'alignait plutôt politiquement et idéologiquement avec le BWP de 1885, se rétablit, sur sa base idéologique et politique d'ORIGINE, celle du Parti Communiste de Belgique de Belgique de 1921.
Désormais, pour toutes sortes de raisons, y compris l'intensité idéologique et politique du congrès, l'établissement de statuts conformément à la ligne politique/idéologique du 36e congrès n'a pas eu lieu. Ainsi, les statuts de ce qu'on appelait alors le Parti communiste de Wallonie-région de Bruxelles existent toujours.
Mais ce sont des statuts d'un parti social-démocrate - à savoir, comme le POB l'était en 1885, la “Charte de Quaregnon” a été incluse dans les statuts et il est fait référence à cette charte dans l'introduction aux statuts….
Il existe également des articles DANS ces statuts qui contredisent d'autres articles. Par exemple, il y a les articles qui désignent le congrès du parti comme le plus haut niveau dirigeant et le CC élu par le congrès comme le plus haut organe dirigeant et décisif entre les congrès.
Mais d'autres articles précisent alors que «une majorité de fédérations» ou une “majorité DANS une fédération” peut décider d'aller CONTRE les décisions du CC (et qui ou quoi détermine ce qu'est “cette majorité” ... n'est nullepart indiqué dans ces statuts!)
Cela signifie qu'en réalité la “droit de tendance” et le “fractionnisme” sont statutairement autorisés! En fait, il est en fait «autorisé» en vertu des statuts qu'une faction puisse s'organiser et se réunir EN DEHORS des structures organisationnelles statutaires.
Cela dépend des articles qu'on sélectionne et des articles auxquels on ne fait pas référence. Rendre 1 article absolu, le rend contraire à un autre article (ou à d'autres articles)…. Mais ceux de la fraction sont silencieux à ce sujet.
C'est la raison pour laquelle le SEUL DOCUMENT auquel se réfère la fraction est “Les Statuts du Parti communiste de Wallonie et de Bruxelles” et pourquoi il n'y a pas ou seulement UNE référence très formelle au document du congrès politique du 36e Congrès. (Dans le texte “Les défis du ‘monde post-COVID-19’ chez "Principales revendications des communistes: (….) Refinancement de l’enseignement, qui doit être entièrement public", il y a la note: "Voir à ce sujet le Document politique adopté par le 36me Congrès, pp. 16-17.")
Désormais, la solution provisoire réside dans le fait que le CC décide que le document politique du 36e congrès est décisif sur toutes les contradictions dans les statuts (encore) actuels.


Un email adressé “à tous les membres”…. mais pas envoyé "à tous les membres ..."?

Tout à fait selon la méthode des “Lettres Ouvertes” que la fraction a adressées DANS le parti à des membres sélectionnés par elle, elle appelle désormais au «37e congrès», et propose un “texte plutôt idéologique”: Tenants et aboutissements de la crise du PCB et un “texte plutôt politique”: Les défis du ‘monde post-COVID-19’
Dans le “document plotôt politique”, Les défis du ‘monde post-COVID-19’, on lit que le “document plutôt idéologique”, Tenants et aboutissements de la crise du PCB vise, entre autres, à “rectifier le document du 36e congrès” .


Maintenant, je n'ai été informé que parce qu'un camarade m'a fait suivre le courrier qu'il avait reçu ...
Mais oui, cela devient clair lorsque vous voyez CONTRE qui cette fraction cible (voir l'image ici plus bas, où la liste des membres de ce groupe comprend ceux qui ont également signé le courrier.)
J'ai écrit une analyse idéologique et politique de cette fraction en trois articles: Partie 1, Partie 2 et Partie 3 
NOTE: Je parle encore de “la fraction” ici, mais en réalité parce qu'elle se positionne EN DEHORS du parti, il n'est en fait plus question “d'une fraction”, mais d'un groupe EN DEHORS du PCB-CPB. Ce groupe peut toujours contacter les membres de son choix, car ce groupr sait toujours qui est membre (adresses e-mail par exemple). Je parle parfois de “liquidationnistes” parce qu'ils(ceux de ce groupe) veulent “liquider” le concept de parti léniniste ou “bolchevik”. Je parle aussi parfois de “négationnistes” parce qu'ils (voir ci-dessous) DÉNIENNENT le matérialisme historique (la base de ce qu'on appelle le marxisme).


Qui est “la minorité” ici (mencheviki)… et qui est “la majorité” ici (bolcheviki)?

La “fraction” parle d'une “minorité gauchiste”. C'est cette “minorité gauchiste” qui défend le document politique du 36e Congrès. C'est le document approuvé par MAJORITÉ lors du 36e Congrès.
Apparemment, il y avait des opinions qui ont été mis en MINORITÉ au 36e Congrès. Cette fraction n'adhère pas à ses PROPRES statuts si elle veut maintenant “rectifier le document du 36e Congrès” par ses intrigues.
L'ANALOGIE historique n'existe pas, mais une “ressemblance” intéressante apparaît:
Au 2e Congrès en 1904 de ce qu'on appelait alors encore le Parti Social-Démocrate Russe, ceux qui défendaient des vues MINORITAIRES (les mencheviki) ont réussie APRÈS le Congrès, à imposer ces vues au parti par des intrigues, pour ainsi faire «rectifier» ces résolutions du Congrès adoptées par la MAJORITÉ (les bolcheviki).


L'idéologie du groupe est révélée dans leur document “proposé”

Le véritable “engagement” de la fraction dans “l'organisation du 37e congrès...” peut être vu dans le passage du projet de “document de congrès proposé plutôt idéologique”, “Tenants et aboutissements de la crise du PCB

I.6. Langage du 21me siècle ou langue de bois ?
La communication et l’importance de nous faire comprendre doit être au centre de nos préoccupations. Dans cette optique l’utilisation des notions de prolétaire, de prolétariat, de bourgeoisie ou de classe ouvrière doit être repensée car elles sont souvent comprises sous l’angle d’une “image d’Epinal” digne du 19me siècle. Si ces concepts ont toute leur place dans l’histoire de la pensée marxiste et du mouvement ouvrier organisé, nous considérons qu’au 21me siècle l’utilisation sans nuances de ces mots contribue à nous isoler.

Les écrits et les discours gauchistes durs et purs ne sont pas crédibles parce que, d'une part, les notions de prolétariat ou de classe ouvrière peuvent avoir une connotation ringarde, voire péjorative pour les gens. D’autre part, nous constatons que la classe ouvrière, autrefois assimilée au prolétariat, n’est plus majoritaire parmi les salariés, en Belgique comme dans de nombreux pays où les industries sont supplantées par le secteur tertiaire. Quant à la notion de bourgeoisie, elle qualifie souvent erronément aujourd’hui une catégorie de gens dont l'aisance est assimilée à une réussite sociale qui n'a plus grand chose à voir avec la notion marxiste de l’ennemi de classe capitaliste (les “affameurs du peuple”) qui détient la propriété privée des moyens de production et de communication. N'oublions pas que même s'ils ne sont pas issus de la classe ouvrière et qu'ils n'ont pas la même conscience de classe, les indépendants et faux indépendants, les “ubérisés” et les agriculteurs sont des travailleurs qui subissent également, et de manière parfois particulièrement violente, le joug du capital.
Résolution:
Le 37me congrès considère qu’une phraséologie dogmatique et obsolète déconnectée de la réalité contemporaine favorise le repli et l’isolement de la gauche radicale et ne contribuera jamais à faire progresser la réflexion des masses et la lutte des classes. Il recommande l'adoption d'une phraséologie mieux adaptée à la réalité contemporaine.


En fait, la fraction renonce ici ou rejette ici le matérialisme historique ou le marxisme!

La base du marxisme, le matérialisme historique a été “historiquement achevée” pour eux…. En fait, disent les négationnistes de la fraction, "ceci avait sa place dans l'HISTOIRE de la PENSÉE marxiste", mais ne peut plus servir "à faire avancer la pensée des masses et la lutte des classes ... Un ajustement est nécessaire d'une phraséologie, adaptée à la réalité actuelle”.


1. Un déni du marxisme ou de son matérialisme historique de base.

Ils nient le marxisme ou du moins sa base, le matérialisme historique. Il n'y a même pas de proposition de “révision du marxisme”…. basé sur des citations "sélectionnées" ou des passages de texte de Marx…. Ils vont donc plus loin que le révisionnisme! Il n'y a plus aucune référence à Marx…. (sauf 2 citations très limitées, mais uniquement à titre d'illustration: dans le texte Les défis du ‘monde post-COVID-19’: “Le capitalisme n’épuise pas seulement le travailleur : il épuise aussi la terre.” K. Marx, Le Capital; “Nous ne devons pas nous vanter trop de nos victoires humaines sur la nature. Pour chacune de ces victoires la nature se venge sur nous.” F. Engels)

Résolution:
Tout en reconnaissant la signification marxiste contenue dans le concept de “dictature du prolétariat” indissociable de l’histoire du mouvement ouvrier organisé, le 37me congrès considère que les mots “dictature” et “prolétariat” ont une connotation négative et obsolète au 21me siècle. En conséquence le 37me congrès considère que la notion de “pouvoir des travailleurs” est à privilégier dans les communications du PCB.

Si le mot “dictature” est simplement une expression de “pouvoir” (l’expression utilisé dans le Manifeste du Parti communiste; dans la Guerre civile en France, Marx utilise l'expression “gouvernement”…) alors il est frappant que dans l'expression proposée “pouvoir des travailleurs” le concept de “CLASSE” a disparu! Parce que “prolétariat” n'est pas simplement une expression archaïque pour indiquer les “ouvriers” ou éventuellement les “travailleurs”. Prolétariat est l'expression de "CLASSE ouvriére” ou eventuellement "CLASSE travailleuse”, la CLASSE qui s'est développée PAR les rélations de production capitaliste et se positionne FACE à “la bourgeoisie comme CLASSE” ou à la “CLASSE capitaliste”.


2. Le déni du matérialisme historique conduit au déni du rôle révolutionnaire de la CLASSE ouvrière qui, parvenue à cette conscience, se bat pour la destruction du système de production qui sous-tend la société bourgeoise, le capitalisme.

C'est la classe ouvrière créée par le développement des rapports de production capitalistes et opposés à la classe dirigeante, la bourgeoisie. La bourgeoisie qui continuera à défendre à tout prix les rapports de production capitalistes et donc la perpétuation de l'exploitation de la force de travail.
La classe ouvrière - ayant pris conscience de son rôle révolutionnaire - va, sur la base des vestiges de la société précédente, commencer le développement d'une société communiste qui est dans l'intérêt de toute l'humanité et donc d'une société sans classes. La transition est (encore) une société de classe dans laquelle la classe ouvrière agit en tant que classe dirigeante par rapport à ce qui reste de la classe bourgeoisie/capitaliste:
1. parce que la révolution ne se fera pas partout dans le monde en même temps, HORS des lieux “où la révolution est déjà en cours”, il y aura encore des parties d'une société bourgeoise avec le capitalisme et les capitalistes.
2. La domination de la classe ouvrière sur la bourgeoisie/capitaliste signifie aussi la lutte de classe sous forme de lutte idéologique: contre l'idéologie bourgeoise et les “coutumes” bourgeoises.


3. En fin de compte, cela signifie: nier la BASE du Parti communiste de Belgique: le concepte de parti léniniste

Nier le rôle révolutionnaire de la classe ouvrière, c'est aussi nier la prise de conscience au sein de la classe ouvrière pour faire prendre conscience de son rôle révolutionnaire: qui est le rôle du parti COMMMUNIST comme «organisation de l'avant-garde de la classe ouvrière "
En effet, conformément au Congrès de Vilvorde en 1954 et conformément à le concept du parti du POB en 1885 (la Charte de Quaregnon dans les “Statuts”), la fraction a déclaré: “Le rôle du parti est…. obtenir autant de votes que possible des travailleurs et cela détermine le contenu de ce qu'il propage et son fonctionnement.
Et le “parti communiste” est pour la fraction/négationnistes/liquidationnistes pas plus de…. une “dissidence de gauche” du POB. Ainsi il n'y a plus de différence qualitative entre la social-démocratie et les communistes.
Les négationnistes accusent les communistes (qu'ils qualifient alors de “fraction gauchiste”…) d'ignorer précisément ceci:

Rappelons que ce concept erroné considérait la sociale démocratie comme “l’ennemi de classe”. (...) Elle occultait le fait que les partis communistes sont issus de la sociale démocratie comme notre parti et ses fondateurs sont issus d’une dissidence du Parti Ouvrier Belge POB.


4. Nier l’essencièl du 36e Congrès

Nier le caractère d'avant-garde du parti communiste, c'est nier l'INTENTION (l'essence du) 36e Congrès précisément de redonner au CPB-PCB ce rôle (et qu'il avait déterminé lors de son 1er Congrès en 1921).

Or, ce négationnisme/liquidationnisme n'est pas nouveau. Cette histoire est très ancienne.

Ils sont donc ravis du PTB dans leurs documents, n'est-ce pas?

...Nos camarades de Charleroi ont décidé de promouvoir une liste électorale concurrente à celle du PTB aux élections fédérales et régionales. Cette option contrevenait à la résolution du congrès stipulant le caractère unitaire de la participation aux élections qui privilégiait la présentation des candidats du PCB sur une liste PCB/PTB(….)
Pour justifier leur choix, les camarades de Charleroi ont soutenu que le PTB aurait refusé toute possibilité d'alliance avec le PCB. Cette affirmation qui s’est avérée totalement inexacte n’a pas empêché la Fédération de Charleroi de subir une cinglante défaite électorale où ses 47 candidats ont recueilli 0,02% des voix (à la Chambre, soit environ 360 fois moins que le PTB-PVDA), un score qui a démoralisé les militants, ridiculisé l’ensemble du parti et dispersé 1626 voix au détriment du mouvement ouvrier. Nous condamnons sans réserve l’attitude de certains militants carolos qui n’ont pas hésité à “surcoller” les affiches du PTB, remettant ainsi en cause nos bonnes relations avec ce parti.(…)
Le 37me congrès du PCB condamne fermement l’hostilité obsessionnelle de la fraction gauchiste à l’égard du Parti du Travail de Belgique (PTB) qui a eu le mérite de créer un appel d’air salutaire pour le mouvement ouvrier que nous devons contribuer à amplifier au nom d’une véritable solidarité de classe.

Dans un document d'une congrès antérieur du même PTB - que la fraction admire tant - nous pouvons lire quelque chose de très intéressant à propos de ces étiquettes de "dogmatisme", "sectarisme" et “gauchisme" que la fraction négationniste/liquidationniste disperse largement:

1.2.2. "Dogmatisme"

Rejeter une “doctrine rigide”, c'est en fait rejeter tous les éléments centraux du marxisme-léninisme: la doctrine de l'État comme instrument de la dictature capitaliste, la nécessité de la révolution socialiste et la dictature du prolétariat. La social-démocratie n'a pas besoin de doctrine scientifique; sa doctrine est l'inviolabilité du fonctionnement du capitalisme. L'aversion pour le dogmatisme est une couverture pour l'attachement à toutes sortes de théories bourgeoises. Au lieu du socialisme scientifique, il favorise la liberté pour toutes les positions bourgeoises et opportunistes.

Aucun parti social-démocrate n'était aussi opposé à la doctrine à ses débuts que le parti social-démocrate belge. Le POB était un exemple de “socialisme pragmatique”, une illustration vivante du concept de Bernstein: “le mouvement est tout, le but final n'est rien”. Les objectifs pragmatiques à l'époque étaient: le suffrage universel dans le domaine politique, le mouvement coopératif dans le domaine économique. Dans les slogans politiques, le POB ne différait pas en termes pratiques de l'aile progressiste libérale de la bourgeoisie. Les slogans étaient démocratiques radicaux mais pas socialistes. Les objectifs économiques ont créé l'illusion que le capitalisme serait expulsé du marché. Le «pragmatisme» a conduit à une intégration et une identification très rapides avec le système, la démocratie bourgeoise, le colonialisme et la guerre impérialiste.
(…)
1.2.3. Le cœur du rejet du concept de parti d'avant-garde est que la social-démocratie ne veut pas détruire le capitalisme. Le réformisme a toujours trouvé des moyens de cacher cela. Le marxisme-léninisme et le concept du parti léniniste ont été rejetés au fil des ans comme "inadaptés à la situation spécifique", "dépassés par le développement de la société".

En Russie, tous les opportunistes ont trouvé la révolution impossible et le marxisme “inadapté” à la situation spécifique dans laquelle une majorité de paysans sont opprimés par un régime tsariste semi-féodal. Lénine a développé le marxisme en appliquant les principes généraux à la situation concrète, a construit l'alliance ouvriers-paysans sous la direction du parti ouvrier et a réalisé “l'impossible”.
La grande sympathie pour la révolution russe parmi le prolétariat international a obligé la social-démocratie à déclarer sa solidarité avec la “dictature du prolétariat” en Russie, en optant pour des méthodes mieux “adaptées” à la démocratie bourgeoise. la "situation spécifique" en Europe occidentale. La révolution russe, le concept du Parti léniniste, n'était applicable qu'à la Russie, dans une situation de clandestinité obligatoire, d'arriération de la production et du prolétariat.
Theodore Dan lors d'un discours aux étudiants socialistes en décembre 32:
"La contradiction entre notre Parti et le bolchevisme ne se situe pas au niveau de" confesser "ou" nier "la dictature du prolétariat. En ce qui concerne les pays capitalistes avancés, le vrai problème est de savoir si la dictature terroriste, la dictature d'une minorité révolutionnaire de la classe ouvrière, peut dans une période de transition devenir la forme sous laquelle la classe établit son règne et devient l'instrument de sa libération sociale.”
Oui à la dictature du prolétariat, mais le parti d'avant-garde ne doit pas diriger les masses et les entraîner pour y arriver. Parce que cela s'appelle “dictature terroriste”. D'un autre côté, garder les masses stupides et soumises, et cela s'appelle appliquer des méthodes démocratiques appropriées.
Le reformisme “nouveau” a réchauffé les mêmes arguments contre la vague d'idées marxistes qui s'est répandue après 1968. Une nouvelle contre-vague de spontanéisme a remis en question la formation de partis communistes révolutionnaires. L'un de leurs porte-parole et théoricien du “marxisme sans Lénine” était André Gorz. En 1972, il écrivit des livres pleins d'hymnes à l'initiative spontanée de la classe ouvrière et à la théorie de Lénine sur la nécessité d'une avant-garde organisée et éduquée. Tiré de "L’actualité de la révolution" (Van Gennep 1972):
La conception bolchevique du parti en tant qu'avant-garde organisée séparée des masses contenait les germes de la plupart des dégénérescences ultérieures du pouvoir soviétique. La conception élitiste d'une avant-garde organisée n'était pas requise par l'essence de la lutte et de la parti révolutionnaire: ce sont les conditions historiques de la lutte révolutionnaire clandestine en Russie (...) qui ont nécessité une séparation entre l'avant-garde et les masses ... A cet égard, les conditions d'aujourd'hui sont fondamentalement différentes. Ce n'est pas la tâche fondamentale d'un parti révolutionnaire de diriger de audessus et de contrôler d'en haut, mais pour stimuler et promouvoir la capacité d'initiative, d'organisation de soi (ce qui est présente dans les masses).”(p. 59)
Pourquoi la théorie de Lénine sur la fusion du socialisme scientifique et de la classe ouvrière dans un parti d'avant-garde ne devrait-elle pas être valable dans une société capitaliste développée? L'ennemi est-il maintenant moins fort, y a-t-il moins de moyens de répression de la bourgeoisie, la classe ouvrière n'a-t-elle plus besoin d'un quartier général formé? L'emprise de l'idéologie bourgeoise est-elle désormais moins forte le long de la presse et des moyens de communication modernes, n'y a-t-il plus d'influence bourgeoise parmi les ouvriers, pas de groupe intermédiaire et d'arrière-garde? Pourquoi, alors, la conscience socialiste devrait-elle provenir spontanément de la classe ouvrière aujourd'hui?


Le caractère idéologique/politique de cette fraction de négationnistes / liquidationnistes correspond à son analyse dans le texte du PTB tant admiré:

Nous sommes confrontés à la quatrième grande vague internationale de propagande anticommuniste depuis la Seconde Guerre mondiale. Il oblige chaque militant à faire le bilan de ses propres positions idéologiques et politiques et à renforcer ses propres convictions communistes.


Dans la période 1945-1953, nous avons connu la grande campagne anticommuniste de la «guerre froide». A cette époque existait un camp socialiste. L'impérialisme américain était à l'apogée de sa puissance, menant toutes les forces anticommunistes dans une offensive mondiale pour repousser le mouvement communiste mondial. Colby:
La Russie s'est avérée être une nouvelle menace totalitaire pour les démocraties. Staline avait clairement renoncé aux accords de Yalta et poursuivi une politique ambitieuse et agressive qui était très similaire à la politique qu'Hitler avait suivie dix ans plus tôt. Chaque jour, les journaux rapportaient les manœuvres des Soviétiques: la prise du pouvoir à Prague, le soulèvement communiste en Grèce, la présence de l'Armée rouge en Iran, les grèves politiques et la subversion communiste en Italie et en France; en ne pas oubliant les exploits d'espionnage soviétique aux États-Unis et en Angleterre révélés par les procès contre les Rosenberg, contre Karl Fuchs, contre alger Hiss et Judith Coplon”. (30 ans la CIA, p. 68)
C'est la période de l'agression britannique en Grèce, de l'agression américaine contre la Corée, du maccarthisme. La propagande américaine a également exploité de vraies erreurs - comme la condamnation de Tito en 1948 - dans le but de briser les partis communistes.
En 1956, il y eut une deuxième vague d'anticommunisme hystérique (Hongrie, Staline). La CIA a obtenu une copie du discours secret de Kruchev à Staline. Allen Dulles a immédiatement décidé de livrer le texte intégral au New York Times. Il considérait que c'était la campagne de propagande la plus efficace jamais menée par la CIA contre le mouvement communiste.
"Les événements (en Hongrie) ont été une merveilleuse occasion de propagande pour l'antenne romaine de la CIA."
“Des milliers d'affiches ont été affichées dans les villes, des millions de brochures distribuées partout, des centaines de réunions publiques organisées”. (Colby, p. 126-127)
À partir du début des années 1960, l'impérialisme à l'échelle mondiale a été très affaibli. Le principal moyen de combattre la révolution n'était plus l'anticommunisme primaire et agressif, mais le soutien du mouvement réformiste qui gagnait du terrain dans tous les PC's d'Europe occidentale. Les thèmes de la propagande anticommuniste (contre Staline, contre la révolution socialiste, contre la dictature du prolétariat) ont été introduits en contrebande dans les textes officiels du parti. Les vrais marxistes-léninistes sont devenus l'objet d'attaques diffamatoires dans leur propre parti. En 1963, les marxistes-léninistes ont été expulsés du PCB.
(….)
Nous vivons une crise économique profonde dans le monde capitaliste, dont aucun parti bourgeois ne voit la fin. Nous vivons dans un pays impérialiste dans lequel la bourgeoisie et certaines parties de la petite bourgeoisie ont mené une vie luxueuse ou relativement facile sur la base de l'exploitation et de l'oppression impitoyables de centaines de millions de travailleurs et de paysans du tiers monde. La strate la plus élevée de la classe ouvrière a également obtenu certains avantages de «notre» bourgeoisie impérialiste, qui ont été récupérés sur le dos du tiers monde.
Dans les pays impérialistes, une crise économique profonde n'effectue pas directement une transition des ouvriers et ouvriers vers des positions révolutionnaires.
Tout le monde se rend compte de l'énorme puissance économique, politique et militaire de la bourgeoisie monopoliste.
Tout le monde se rend compte que la lutte révolutionnaire contre cette classe produira de nombreux et durs efforts, de nombreux sacrifices, des combats longs et acharnés.
Une grande partie des ouvriers croit en la propagande de la bourgeoisie qui promet de préserver une grande partie de leurs acquis, en transmettant la crise à ceux qui sont encore plus faibles qu'eux: pour certains, ce sont les femmes, ou les chômeurs, les travailleurs étrangers ou les pays du tiers monde.
Les masses n'osent pas immédiatement attaquer le véritable ennemi - le capital monopoliste - comme le coupable de la crise.
Elle espère “résoudre” la crise en redistribuant le fardeau entre les travailleurs eux-mêmes.
(…)
L'agressivité du capital et des partis de droite augmente constamment. Ce n'est pas une coïncidence, mais une nécessité. C'est une expression de la nature antagoniste de la contradiction entre le travail et le capital. Tous ceux qui veulent résoudre la crise mais restent dans le cadre de la société capitaliste, sont obligés de proposer des mesures de plus en plus drastiques contre les ouvriers et les ouvriers. Ils appellent cela des «sacrifices nécessaires». Les réformistes de gauche de toutes sortes ont une plus grande haine pour la révolution socialiste que pour le capitalisme.
Quiconque cherche une “solution” dans les limites du capitalisme est obligé de promouvoir des mesures de droite et d'extrême droite sous des couleurs “de gauche”.
Ce changement général du climat politique a des répercussions sur certains marxistes-léninistes.
Plus les solutions de droite sont criées sur les toits, moins elles croient en la révolution. Les partis bourgeois évoluent vers des positions d'extrême droite. Les partis ouvriers bourgeois adoptent des positions de droite promues dans un emballage réformiste. Les révolutionnaires épuisés se sentent appelés à exercer une «pression» sur les dirigeants réformistes. Bien qu'ils soient bien conscients que les positions du parti réformiste se déplacent de plus en plus vers la droite, ils le présentent comme si le PS-SP était le seul parti “fort” et “grand” qui puisse résister à la droite.
Certains «marxistes-léninistes» sont intimidés par la droite générale. Si ce fait lui-même met en évidence la nécessité de la révolution, ils considèrent que le travail révolutionnaire n'est pas “réaliste”.
Ils recherchent des solutions réalistes et réalisables aux questions fondamentales qui ne peuvent être résolues que par la révolution socialiste. Ils avancent nécessairement des propositions pour le développement du capitalisme monopoliste d'État, qui consiste généralement à renforcer le capital industriel contre le capital bancaire et certains groupes de capital industriel (les secteurs de pointe, les petites et moyennes entreprises) contre d'autres groupes.
La politique social-démocrate traverse une crise profonde. Dans les années '60, sa pratique de la collaboration de classe a produit des résultats tangibles pour les ouvriers.
Elle a besoin d'une nouvelle génération de théoriciens capables de proposer une «alternative réaliste».
À cette fin, elle cherche un rapprochement avec le genre de révolutionnaires qui soufrent à une crise du marxisme et une crise du militantisme.

Il est remarquable que “l'attachement” de la fraction au PTB est juste au moment que le PTB nie ses PROPRES documents de congrès.


Leur “stratégie” réformiste - en fait BOURGEOISE - se précise dans leur “texte plutôt politique”: “Les défis du 'monde post-COVID-19'”

Projet de document politique du 37me congrès du PCB

des clés de réflexion sur la crise mondiale provoquée par cette pandémie et des recommandations aux communistes pour ne pas tomber dans les pièges tendus par les élites dirigeantes belges et occidentales. Ce document a donc pour ambition de synthétiser nos analyses et positions en Belgique et dans le monde de 2020 et d'imaginer des stratégies renouvelées en vue de faire progresser la lutte vers le socialisme.
(…)
Un minuscule virus a mis à genoux les économies mondiales. La plupart des pays de la planète connaîtront en 2020 un recul inédit de leur PIB, en particulier les États occidentaux, dont ceux de la zone euro. (…)

Le chaos généré par la pandémie a certainement été aggravé par le système fédéral belge et ses neuf ministres compétents en matière de santé2. Avec le PTB, nous considérons qu’il est urgent de refédéraliser les soins de santé et de garder la sécurité sociale dans un cadre strictement national. (…)

Une conséquence de la pandémie, annonciatrice de changements importants dans la structure et le commandement du système capitaliste, est sans doute le renforcement des grosses sociétés associées à la financiarisation de l'économie et aux opportunités géopolitiques au détriment de celles du capitalisme “traditionnel”, en particulier l’industrie et le transport. En effet, tandis que, nombreuses sont celles, parmi les premières, à connaitre des bénéfices inédits, celles plus traditionnelles subissent des pertes abyssales.

Parmi les gagnants, on trouve en particulier les géants du secteur numérique, celles du GAFAM6, qui ont profité outrageusement du confinement et du télétravail, ainsi que la grande distribution, la pharmacie et l’armement. Si cette évolution se confirme, elle pourrait donner naissance à une nouvelle hégémonie au sommet du système capitaliste mondial. (...)

Le productivisme capitaliste s’oppose à toute planification. Le libre-échangisme implique la liberté de produire n’importe quoi pour autant qu’il y ait un marché solvable pour acheter. La publicité se charge de créer les besoins pour une population formatée par un système scolaire qui n’éveille pas suffisamment à l’esprit critique. Et le complexe militaro-industriel est un secteur phénoménal qui gaspille le meilleur des ressources terrestres, matières premières et énergie. Il est indispensable de remettre en cause en cause le mythe de la croissance illimitée du PIB qui s’accompagne inévitablement d’une augmentation de la consommation des ressources et de la production de déchets. La Terre n’est pas un réservoir inépuisable. Ainsi, en à peine 8 mois, le capitalisme consomme toutes les ressources naturelles susceptibles d’être renouvelées en une année. (…)

La planification écologique s’oppose résolument au libre-marché. Le plan doit être élaboré par l’Etat en fonction des besoins de la population et non en inventant artificiellement de nouveaux besoins, mais le néo-libéralisme rejette totalement cette option. Le rapport de force pour contraindre les gouvernants à prendre les mesures qui s’imposent doit être établi par une mobilisation populaire, comme celle des jeunes de 2019 en faveur du sauvetage du climat.

Les besoins en investissements seront colossaux et on ne peut plus accepter la socialisation des pertes et la privatisation des bénéfices. Dans l’immédiat, il faudra que, en échange du sauvetage des compagnies aériennes et des constructeurs automobiles, l’Etat entre dans le capital de ces entreprises pour contrôler leur développement futur. (…)

Rien de tout cela ne sera possible sans un Front de Gauche ample et une convergence des luttes.(…)

il est nécessaire de:

renforcer, en moyens et personnel, les services publics, en particulier dans les domaines de la santé, de l'enseignement et de la justice;

relocaliser l'économie, en rapatriant la production de nombre de produits essentiels, et en mettant fin aux dogmes éco-destructeurs de la “flexibilité” ou du just in time;

repenser une politique rationnelle de mobilité, en favorisant les emplois de proximité, le transport ferroviaire et fluvial, le transport public et les “moyens doux” (marche, vélo...);

taxer les grandes fortunes (proposition PTB) et les multinationales, en particulier les GAFAM1 (proposition Macron). (…)

À propos de la taxe sur les grandes fortunes, le PCB la considère comme une étape indispensable vers l’abolition des grandes fortunes, le réel objectif devant être le contrôle des salaires et autres rémunérations des patrons et cadres supérieurs, ainsi qu’une meilleure progressivité des taux d’imposition et la globalisation des revenus, ce qui aurait pour effet de resserrer de manière drastique les écarts salariaux. Cette taxe ne devrait donc surtout pas être utilisée pour entériner l’existence des grandes fortunes. (…)

Principales revendications des communistes
….
Large réappropriation collective du crédit et des moyens de production

Répartition équitable du travail et des richesses

Refinancement de l’enseignement, qui doit être entièrement public12
….
Viser à l’union de la gauche


Pas une seule référence à une analyse marxiste, aucun matérialisme historique….

Le “texte plutôt politique” est simplement une description, pas une analyse de classe, pas des objectifs de lutte qui expriment les intérêts des travailleurs sans égard à la «légalité» bourgeoise, aux possibilités ou aux conditions de cette "légalité" bourgeoise.
C'est un programme (électoral?) des réformes:
- Soit des limites sont imposées à l'avance aux ouvriers dans le développement de la lutte
- Soit il s'agit de propager une IMAGO «de gauche» et «sociale», destinée à… .. gagner des VOTES aux élections
  * Alors: c'est ce que l'on promet de faire si l'on a le pouvoir gouvernemental….
  * ou il s'agit de ce qui est promis un fois dans le parlement "de mettre toujours à l'ordre du jour"
Une méthode de travail que l'on retrouve chez ... Henri De Man avec le Plan de Travail. (c'est ainsi qu'ils rejoignent "idéologiquement et politiquement" encore une fois le POB)
. Mais: pas de référence à la lutte pour le socialisme, pas même sous “un pouvoir des travailleurs” (… c'est ce que la fraction “proposait” d'utiliser comme meilleure formulation que “dictature du prolétariat”)

À propos du marxisme, ou “socialisme scientifique” basé sur le matérialisme historique

L'avantage des intrigues de la fraction est qu'elle a réorienté les communistes pour étudier réellement Marx, Engels et Lénine.
À propos de la “POUVOIR” de la CLASSE des travailleurs…. Que vous parliez de “pouvoir”, de “gouvernement”,…. ou “dictature”, que vous parliez de CLASSE ouvrière, de CLASSE travailleuse ou… de “prolétariat

Et il ne s'agit pas de "pensée marxiste" ou de "philosophie" ... mais de "socialisme scientifique" ... ou de "matérialisme historique"

De “La guerre civil en France”. (Marx)

La multiplicité des interprétations auxquelles la Commune a été soumise, et la multiplicité des intérêts qu'elle a exprimés montrent que c'était une forme politique tout à fait susceptible d'expansion, tandis que toutes les formes antérieures de gouvernement avaient été essentiellement répressives. Son véritable secret, le voici : c'était essentiellement un gouvernement de la classe ouvrière, le résultat de la lutte de la classe des producteurs contre la classe des appropriateurs, la forme politique enfin trouvée qui permettait de réaliser l'émancipation économique du travail.(…) Oui, messieurs, la Commune entendait abolir cette propriété de classe, qui fait du travail du grand nombre la richesse de quelques-uns. Elle visait à l'expropriation des expropriateurs. Elle voulait faire de la propriété individuelle une réalité, en transformant les moyens de production, la terre et le capital, aujourd'hui essentiellement moyens d'asservissement et d'exploitation du travail, en simples instruments d'un travail libre et associé. Mais c'est du communisme, c'est l' “impossible” communisme!

De “Socialisme utopique et socialisme scientifique”. (Engels)

- RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE. - Résolution des contradictions: le prolétariat s'empare du pouvoir public et, en vertu de ce pouvoir, transforme les moyens de production sociaux qui échappent des mains de la bourgeoisie en propriété publique. Par cet acte, il libère les moyens de production de leur qualité antérieure de capital et donne à leur caractère social pleine liberté de s’imposer. Une production sociale suivant un plan prédéterminé est désormais possible. Le développement de la production fait de l’existence ultérieure de classes sociales différentes un anachronisme. Dans la mesure où l’anarchie de la production sociale disparaît, l’autorité politique de l’État entre en sommeil. Les hommes, enfin maîtres de leur propre socialisation, deviennent aussi par là même, maîtres de la nature, maître d’eux-mêmes, libres.
Accomplir cet acte libérateur du monde, voilà la mission historique du prolétariat moderne. En approfondir les conditions historiques et par là, la nature même, et ainsi donner à la classe qui a mission d’agir, classe aujourd’hui opprimée, la conscience des conditions et de la nature de sa propre action, voilà la tâche du socialisme scientifique, expression théorique du mouvement prolétarien.

Du Manifeste du Parti Communiste (Marx et Engels)

Il est grand temps que les communistes exposent à la face du monde entier, leurs conceptions, leurs buts et leurs tendances; qu'ils opposent au conte du spectre communiste un manifeste du Parti lui-même. (…)
L'histoire de toute société jusqu'à nos jours 3 n'a été que l'histoire de luttes de classes.
Homme libre et esclave, patricien et plébéien, baron et serf, maître de jurande 4 et compagnon, en un mot oppresseurs et opprimés, en opposition constante, ont mené une guerre ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée, une guerre qui finissait toujours soit par une transformation révolutionnaire de la société tout entière, soit par la destruction des deux classes en lutte.
Dans les premières époques historiques, nous constatons presque partout une organisation complète de la société en classes distinctes, une échelle graduée de conditions sociales. Dans la Rome antique, nous trouvons des patriciens, des chevaliers, des plébéiens, des esclaves; au moyen âge, des seigneurs, des vassaux, des maîtres de corporation, des compagnons, des serfs et, de plus, dans chacune de ces classes, une hiérarchie particulière.
La société bourgeoise moderne, élevée sur les ruines de la société féodale, n'a pas aboli les antagonismes de classes Elle n'a fait que substituer de nouvelles classes, de nouvelles conditions d'oppression, de nouvelles formes de lutte à celles d'autrefois.
Cependant, le caractère distinctif de notre époque, de l'époque de la bourgeoisie, est d'avoir simplifié les antagonismes de classes. La société se divise de plus en deux vastes camps ennemis, en deux grandes classes diamétralement opposées : la bourgeoisie et le prolétariat.(…)
De toutes les classes qui, à l'heure présente, s'opposent à la bourgeoisie, le prolétariat seul est une classe vraiment révolutionnaire. Les autres classes périclitent et périssent avec la grande industrie; le prolétariat, au contraire, en est le produit le plus authentique.

Les classes moyennes, petits fabricants, détaillants, artisans, paysans, tous combattent la bourgeoisie parce qu'elle est une menace pour leur existence en tant que classes moyennes. Elles ne sont donc pas révolutionnaires, mais conservatrices; bien plus, elles sont réactionnaires : elles cherchent à faire tourner à l'envers la roue de l'histoire. Si elles sont révolutionnaires, c'est en considération de leur passage imminent au prolétariat : elles défendent alors leurs intérêts futurs et non leurs intérêts actuels; elles abandonnent leur propre point de vue pour se placer à celui du prolétariat. (….)
Toutes les classes qui, dans le passé, se sont emparées du pouvoir essayaient de consolider leur situation acquise en soumettant la société aux conditions qui leur assuraient leurs revenus propres. Les prolétaires ne peuvent se rendre maîtres des forces productives sociales qu'en abolissant leur propre mode d'appropriation d'aujourd'hui et, par suite, tout le mode d'appropriation en vigueur jusqu'à nos jours. Les prolétaires n'ont rien à sauvegarder qui leur appartienne, ils ont à détruire toute garantie privée, toute sécurité privée antérieure.
Tous les mouvements historiques ont été, jusqu'ici, accomplis par des minorités ou au profit des minorités. Le mouvement prolétarien est le mouvement spontané de l'immense majorité au profit de l'immense majorité. Le prolétariat, couche inférieure de la société actuelle, ne peut se soulever, se redresser, sans faire sauter toute la superstructure des couches qui constituent la société officielle. (…)
Pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui stimule toutes les autres; théoriquement, ils ont sur le reste du prolétariat l'avantage d'une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien.
Le but immédiat des communistes est le même que celui de tous les partis ouvriers : constitution des prolétaires en classe, renversement de la domination bourgeoise, conquête du pouvoir politique par le prolétariat. (…)

En ce sens, les communistes peuvent résumer leur théorie dans cette formule unique : abolition de la propriété privée. (…)

Nous avons déjà vu plus haut que la première étape dans la révolution ouvrière est la constitution du prolétariat en classe dominante, la conquête de la démocratie.
Le prolétariat se servira de sa suprématie politique pour arracher petit à petit tout le capital à la bourgeoisie, pour centraliser tous les instruments de production entre les mains de l'Etat, c'est-à-dire du prolétariat organisé en classe dominante, et pour augmenter au plus vite la quantité des forces productives.
Cela ne pourra naturellement se faire, au début, que par une violation despotique du droit de propriété et du régime bourgeois de production, c'est-à-dire par des mesures qui, économiquement, paraissent insuffisantes et insoutenables, mais qui, au cours du mouvement, se dépassent elles-mêmes et sont indispensables comme moyen de bouleverser le mode de production tout entier.

Et Marx et Engels menaient déja une lutte idéologique avec des soi-disants “gauches” mais qui rejettaient l’essence du matérialisme historique …. pour enfin à emporter la conscience de son role révolutionnaire à ce qu’elle briserait pas les rélations de production capitaliste. Dans le Manifest du Parti Communiste:

2. Le socialisme conservateur ou bourgeois
Une partie de la bourgeoisie cherche à porter remède aux anomalies sociales, afin de consolider la société bourgeoise.
Dans cette catégorie, se rangent les économistes, les philanthropes, les humanitaires, les gens qui s'occupent d'améliorer le sort de la classe ouvrière, d'organiser la bienfaisance, de protéger les animaux, de fonder des sociétés de tempérance, bref, les réformateurs en chambre de tout acabit. Et l'on est allé jusqu'à élaborer ce socialisme bourgeois en systèmes complets.
Citons, comme exemple, la Philosophie de la misère de Proudhon.
Les socialistes bourgeois veulent les conditions de vie de la société moderne sans les luttes et les dangers qui en découlent fatalement. Ils veulent la société actuelle, mais expurgée des éléments qui la révolutionnent et la dessolvent. Ils veulent la bourgeoisie sans le prolétariat. La bourgeoisie; comme de juste, se représente le monde où elle domine comme le meilleur des mondes. Le socialisme bourgeois systématise plus ou moins à fond cette représentation consolante. Lorsqu'il somme le prolétariat de réaliser ses systèmes et d'entrer dans la nouvelle Jérusalem, il ne fait que l'inviter, au fond, à s'en tenir à la société actuelle, mais à se débarrasser de la conception haineuse qu'il s'en fait.
Une autre forme de socialisme, moins systématique, mais plus pratique, essaya de dégoûter les ouvriers de tout mouvement révolutionnaire, en leur démontrant que ce n'était pas telle ou telle transformation politique, mais seulement une transformation des conditions de la vie matérielle, des rapports économiques, qui pouvait leur profiter. Notez que, par transformation des conditions de la vie matérielle, ce socialisme n'entend aucunement l'abolition du régime de production bourgeois, laquelle n'est possible que par la révolution, mais uniquement la réalisation de réformes administratives sur la base même de la production bourgeoise, réformes qui, par conséquent, ne changent rien aux rapports du Capital et du Salariat et ne font, tout au plus, que diminuer pour la bourgeoisie les frais de sa domination et alléger le budget de l'Etat.
Le socialisme bourgeois n'atteint son expression adéquate que lorsqu'il devient une simple figure de rhétorique.
Le libre-échange, dans l'intérêt de la classe ouvrière ! Des droits protecteurs, dans l'intérêt de la classe ouvrière ! Des prisons cellulaires, dans l'intérêt de la classe ouvrière ! Voilà le dernier mot du socialisme bourgeois, le seul qu'il ait dit sérieusement.
Car le socialisme bourgeois tient tout entier dans cette affirmation que les bourgeois sont des bourgeois - dans l'intérêt de la classe ouvrière.


1Acronym de “Google, Apple. Facebook. Mycrosoft”.

2 Voir à ce sujet le Document politique adopté par le 36me Congrès, pp. 16-17.

3 Ou plus exactement l'histoire écrite. En 1847, l'histoire de l'organisation sociale qui a précédé toute l'histoire écrite, la préhistoire, était à peu près inconnue. Depuis Haxthausen a découvert en Russie la propriété commune de la terre. Maurer a démontré qu'elle est la base sociale d'où sortent historiquement toutes les tribus allemandes et on a découvert, petit à petit, que la commune rurale, avec possession collective de la terre, a été la forme primitive de la société depuis les Indes jusqu'à l'Irlande. Enfin, la structure de cette société communiste primitive a été mise à nu dans ce qu'elle a de typique par la découverte de Morgan qui a fait connaître la nature véritable de la gens et sa place dans la tribu. Avec la dissolution de ces communautés primitives commence la division de la société en classes distinctes, et finalement opposées. J'ai essayé d'analyser ce procès de dissolution dans l'ouvrage l'Origine de la famille, de la propriété privée et de l'Etat, 2° édition, Stuttgart 1886. (Note d'Engels pour l'édition anglaise de 1888).
Haxthausen, August (1792-1866), baron prussien. Le tsar Nicolas Ier l'autorisa à visiter la Russie pour y étudier le régime agricole et la vie des paysans (1843-1844). Haxthausen écrit un ouvrage consacré à la description des vestiges du régime communautaire dans les rapports terriens de la Russie. (N.R.)
Maurer, Georg Ludwig (1790-1872), historien allemand; il étudia le régime de la Germanie et de l'Allemagne du moyen âge et fit un apport important à l'étude de la marche du moyen âge. (N.R.)

Morgan, Lewis Henry (1818-1881), ethnographe, archéologue et historien américain. Grâce aux nombreuses données ethnographiques accumulées au cours de son étude du régime social et de la vie des Indiens de l'Amérique, Morgan fonda sa doctrine sur l'évolution de la gens en tant que la forme principale de la société primitive. C'est à lui également qu'appartient la tentative de diviser en périodes l'histoire de la société primitive sans classes. Marx et Engels appréciaient beaucoup l'oeuvre de Morgan. Marx fit un résumé de son ouvrage la Société ancienne (1877). Dans son ouvrage l'Origine de la famille, de la propriété privée et de l'Etat, Engels cite les données de fait fournies par Morgan. (N.R.)

4 Maître de jurande, c'est-à-dire membre de plein droit d'une corporation, maître du corps de métier et non juré. (Note d'Engels pour l'édition anglaise de 1888.)