05-07-2026

L’opportunisme, fruit de la paresse intellectuelle petite-bourgeoise, s’il n’est pas décelé et combattu, peut mener au révisionnisme. Exemple concret : Thanasis Spanidis « mandaté par le Comité central du Parti communiste »

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Lors de son 22e congrès, le KKE dresse un état des lieux du mouvement communiste international. La guerre en Ukraine (c’est-à-dire l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022) provoque une nette scission entre les partis communistes favorables à une révolution immédiate, sans étape intermédiaire (reléguant ainsi toute perspective formelle de révolution à un « avenir lointain »), et ceux qui prônent une PREMIÈRE révolution contre leur propre bourgeoisie, envisageant la dictature et défendant donc le socialisme comme première étape du communisme. Ces derniers se démarquent des partis communistes qui optent désormais pour une « étape intermédiaire » sous la forme d’un « front uni » avec la bourgeoisie russe et chinoise contre l’impérialisme américain. Pour eux, cette étape intermédiaire d’« antifascisme »/« anti-impérialisme » PRÉCÈDE la mobilisation pour la révolution.

Le KKE dans leur 22e congrès :

La guerre impérialiste en Ukraine a provoqué de nouvelles divisions idéologiques et politiques et a aggravé celles qui existaient déjà. Les partis communistes, qui auparavant ne voyaient l'impérialisme que dans la politique étrangère agressive des États-Unis et de certains puissants États capitalistes européens et embellissaient le rôle d'autres États capitalistes, voient désormais dans la Russie, la Chine et l'Iran des « forces anti-impérialistes » ou même un « axe anti-impérialiste » imaginaire.(…) Deux questions revêtent une grande importance :
a) La nature de la Chine : les partis communistes qui ne voient pas son caractère capitaliste - en raison de la place importante occupée par le secteur public dans son économie et du titre porté par le parti au pouvoir - considèrent la rivalité entre la Chine et les États-Unis pour la primauté dans le système capitaliste mondial comme un conflit entre « socialisme et capitalisme ».
b) Les partis qui ont dans leur stratégie la logique des étapes du processus révolutionnaire, qui prévoient le passage par un gouvernement prétendument populaire comme étape préalable au socialisme, et qui considèrent également le fascisme comme une « déviation de la démocratie bourgeoise » et non comme le fruit du capitalisme, sont enclins à une rhétorique « antifasciste », qui se traduit par des conceptions de « fronts antifascistes », « guerre antifasciste ». Ces idées sont exploitées par les forces et les gouvernements bourgeois afin de promouvoir leurs objectifs antipopulaires, leurs alliances politiques, voire leurs opérations militaires. Le maintien de la stratégie des étapes conduit ces partis à considérer à tort une série de gouvernements bourgeois - de tendance social-démocrate - comme « anti-impérialistes - progressistes ». (…)
La situation des RIPCO (Rencontres internationales des partis communistes et ouvriers) est très problématique, les questions d'action commune et de solidarité ont considérablement perdu de leur importance, (….)
Dans cette situation difficile et complexe, notre parti intervient en soutenant les partis communistes avec lesquels nous collaborons, en diffusant ses positions sur la guerre impérialiste ainsi que sur une série d'autres questions décisives, (….)
En particulier, nous recherchons l'action commune et la coopération avec les partis communistes et les forces communistes qui répondent aux critères suivants :
a) Défendre le marxisme-léninisme et l'internationalisme prolétarien, la nécessité de former un pôle communiste à l'échelle internationale.
b) Ils combattent l'opportunisme, le réformisme, rejettent toute forme de gestion bourgeoise du système capitaliste, de centre-gauche ou autre, rejettent la participation ou le soutien à des gouvernements bourgeois et toute variante de la stratégie des étapes.
c) Ils défendent les lois de la révolution socialiste. Sur la base de celles-ci, ils jugent le cours de la construction socialiste, cherchent à étudier et à tirer les leçons de ses problèmes et de ses erreurs, rejettent les positions sur le « socialisme avec marché » et rejettent la logique qui nie les lois de la construction socialiste en invoquant les particularités nationales.
d) Ils condamnent la guerre impérialiste, mettent en évidence les responsabilités des classes bourgeoises des deux côtés. Ils ont un front idéologique contre les conceptions erronées de l'impérialisme, en particulier celles qui dissocient son agressivité militaire de son contenu économique, et ils ont un front contre toute alliance impérialiste. Ils ne prennent pas parti dans le conflit impérialiste.
e) Ils développent des liens avec la classe ouvrière, tentent d'agir au sein du mouvement syndical, dans les mouvements des couches populaires des classes moyennes, cherchent à intégrer la lutte quotidienne pour les droits des travailleurs et des peuples dans une stratégie révolutionnaire moderne pour le pouvoir ouvrier.
f) Ils ne dissocient pas la lutte contre la guerre et le fascisme de la lutte contre le capitalisme, qui est précisément à l'origine de la guerre et du fascisme. Ils rejettent le faux « antifascisme » et les divers « fronts antifascistes » utilisés par les forces bourgeoises et opportunistes pour enfermer des forces populaires dans leurs plans.

Au sein de la diversité idéologique et politique des partis qui composent le mouvement communiste international, le KKE tente de regrouper les partis communistes les plus authentiques et cohérents en se basant sur une liste de critères et « nous recherchons l'action commune et la coopération avec les partis communistes et les forces communistes qui répondent aux critères suivants » :

Défendre le marxisme-léninisme et l'internationalisme prolétarien,(…) Ils combattent l'opportunisme, le réformisme, rejettent (…) toute variante de la stratégie des étapes. (…) …. cherchent à étudier et à tirer les leçons de ses problèmes et de ses erreurs ( de la révolution socialiste et de la construction du socialisme dans le passé) Ils condamnent la guerre impérialiste, mettent en évidence les responsabilités des classes bourgeoises des deux côtés (… ce qui inclus la reconnaissance de la nature capitaliste de la China ….) Ils développent des liens avec la classe ouvrière, (…) cherchent à intégrer la lutte quotidienne pour les droits des travailleurs et des peuples dans une stratégie révolutionnaire moderne pour le pouvoir ouvrierIls ne dissocient pas la lutte contre la guerre et le fascisme de la lutte contre le capitalisme

Le fait de satisfaire formellement aux « critères » d’un parti communiste ne garantit pas l’absence d’opportunisme au sein même de ce parti.

À mon avis, le fait qu'un parti communiste remplisse les critères ne signifie pas que l'opportunisme ne puisse pas s'y développer. Et si ces critères sont (formellement) remplis et que le développement de l'opportunisme n'est ni détecté ni combattu, il existe un risque de développement d'un révisionnisme au sein de ce parti, qui pourrait alors dégénérer en un parti ne répondant plus à ces critères.
Je donne ici l'exemple d'un parti communiste qui remplit (formellement) les critères du KKE et s'oppose donc aux étapes intermédiaires précédant la mobilisation pour la révolution, mais qui, néanmoins, « suggère » la possibilité d'une « étape intermédiaire » dans sa stratégie, par le biais d'une formulation ambiguë (opportuniste). Peu importe à quel parti appartient cette formulation ; on trouve des formulations ambiguës similaires dans divers partis (du groupe qui remplit formellement les critères établis par le KKE) :

L’évolution de la situation, tant au niveau international que national, montre que les contradictions du capitalisme s’intensifient.
La classe ouvrière et les autres segments opprimés de la population sont confrontés à une multitude de problèmes qui les empêchent de vivre dignement, de développer leur potentiel et de contribuer à la société grâce à leurs talents et leurs compétences. De plus en plus de personnes ressentent le besoin de lutter pour un monde sans pauvreté, sans discrimination, sans guerre et sans exploitation.
La solution réside uniquement dans la lutte pour l'abolition de l'exploitation capitaliste, dans la perspective d'une société où l'économie et la société ne sont pas soumises au profit, où le profit n'est pas la finalité de la production . Une société socialiste, où les moyens de production sont la propriété collective, permettant une planification centrale de la production, où les besoins de la population ne sont plus considérés comme un « coût » au détriment des profits du capital, mais où la satisfaction des besoins de la population est l'objectif de la production. (…)
Le travail en entreprise en est la base : nous, communistes, nous enracinons dans les ateliers, nous y impliquons activement, nous dialoguons avec nos collègues et nous soulevons les problèmes. formuler des revendications, … nous luttons pour une radicalisation des revendications visant à améliorer les conditions d'emploi et de travail. Nos principales revendications portent sur la création d'emplois permanents pour les activités structurelles, des emplois dignes avec un temps de travail suffisant, un abaissement de l'âge de la retraite, une amélioration des allocations chômage (accélération des droits, augmentation du montant et durée des indemnités), ainsi qu'une réduction du temps de travail à salaire égal. (…) Il est essentiel que notre action, tant au niveau des entreprises que des syndicats, ne se limite pas à attiser la flamme de la lutte économique, mais soit liée au renforcement de la conscience de classe – la prise de conscience que les travailleurs, en tant que classe, ont des intérêts communs diamétralement opposés à ceux du patronat, ou de la classe capitaliste. De cette manière, nous œuvrons à créer les conditions nécessaires au renforcement de l'organisation, de la lutte collective et de la ligne de classe.

Ainsi, bien que la destruction de l'exploitation capitaliste soit formellement fixée comme objectif, la nécessité est simultanément reconnue pour le Parti communiste de formuler des revendications d'« amélioration directe », la seule perspective étant le « renforcement de la conscience de classe ». Cette formulation vague (opportuniste) permet, à mon avis, l'insertion d'« étapes intermédiaires » dans la stratégie de ce parti.
De même, à mon avis, le simple fait de formellement «
défendre le marxisme-léninisme » et de « combattre l’opportunisme et le réformisme » ne garantit en rien qu’un parti communiste soit à l’abri de l’opportunisme ou du révisionnisme, qui pourrait entraîner sa dégénérescence. Ce parti ne serait alors plus l’organisation de l’avant-garde de la classe ouvrière, chargée de mobiliser l’ensemble du prolétariat dans la lutte pour renverser la société bourgeoise et le capitalisme sur lequel elle repose.

En Allemagne, d'anciens membres du Parti communiste allemand (DKP), ne pouvant plus débattre au sein de ce parti d'une stratégie révolutionnaire et des principes organisationnels y correspondants, fondèrent le "Kommunistische Partei" (Parti communiste- PC)
Le groupe ayant quitté le DKP a initialement formé
Kommunistische Organisation (l'Organisation communiste), dont une partie s'est scindée en raison de divergences d'opinions concernant la guerre en Ukraine pour fonder le "Kommunistische Partei" (Parti communiste).
Depuis longtemps, des discussions internes portaient sur l'existence ou non d'une stratégie dite de « phase intermédiaire ».
Par exemple, depuis 2005-2006, des débats avaient lieu au sein du
DKP quant à l'existence d'une « phase intermédiaire » de « démocratie anti-monopolistique » ou de « stratégie anti-monopolistique », qui consistait en réalité en une stratégie de lutte pour la « démocratie », les « droits sociaux » et la « paix », reléguant ainsi le renversement du capitalisme/impérialisme et du socialisme à un avenir lointain. Le retrait du DKP en 2017 (du groupe ayant fondé le KO l'Organisation communiste à l'époque) s'est produit car il n'était plus possible de poursuivre ces discussions internes au sein du DKP. (À lire dans « Zum Verlauf der Debatte » ) 

Là où il n’y avait pas de débat interne et où régnait une certaine unité (du moins AVANT la lecture de son analyse du KKE concernant la Chine), on parlait du «
caractère socialiste de la Chine »…
Dans un message adressé au PCC lors des célébrations du 90e anniversaire du parti en 2011, Bettina Jürgensen, présidente du
DKP :

« …nous, membres du Parti communiste allemand, vous adressons nos plus chaleureuses félicitations à l’occasion du 90e anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois. Sous la direction du Parti communiste, la République populaire de Chine a accompli de véritables miracles ces dernières décennies. Même après la grande crise du socialisme à la fin des années 1980, il a été possible de trouver un moyen de renforcer le socialisme et d’améliorer les conditions de vie d’une large partie de la population de votre pays. (…) Le PCC chinois a démontré comment, dans des circonstances très différentes, il a su à maintes reprises trouver des solutions aux problèmes qui se sont posés et aborder les grandes questions socio-politiques pour l’avenir. Aujourd’hui, le mot socialisme est indissociable de la République populaire de Chine… »1

Avant l'analyse du KKE en 2010 concernant le caractère capitaliste/impérialiste de la Chine, de nombreuses incertitudes planaient sur ce sujet au sein de nombreux partis communistes.

Avant 2010, l'incertitude était grande, au sein de nombreux partis communistes, quant à la nature de classe qu'avait acquise l'État chinois et quant à la restauration du capitalisme (dans sa phase impérialiste).
Le NCPN en est un exemple concret (mais il n'était certainemen
t pas le seul dans ce cas...).
Le NCPN, qui n'a pas produit d'analyse lui-même à l'époque, a demandé au PTB, ou au PCC lui-même, de préparer une analyse pour lui dans son journal de parti (
Manifest, voir Archive) :

Manifest de 2003 n° 15
Rolf Berthold, ambassadeur de la RDA en Chine, a pris la parole le 22 août à Deurne, à l'université d'été marxiste de la PVDA de Belgique :
La Chine est socialiste. Contrairement à Cuba, mais tout comme ce pays, elle prouve la survie et la viabilité du socialisme, même si sous une forme différente de celle de l'Union soviétique.
La proclamation de la République populaire en 1949 a revêtu une importance capitale pour l'Asie et pour le monde. Il ne faut jamais oublier qu'entre 1949 et aujourd'hui, la Chine représente entre un quart et un tiers de la population mondiale. Le Parti communiste chinois (PCC) a commis des erreurs entre 1957 et 1978 , dilapidant notamment la quasi-totalité des acquis de la Révolution culturelle. En revanche, la voie rectifiée depuis 1978 a permis un développement continu, avec une croissance annuelle moyenne de neuf pour cent et une amélioration constante du niveau de vie. En chiffres absolus, le pays est aujourd'hui la sixième économie mondiale et le cinquième exportateur mondial, chiffres qu'il convient bien sûr de relativiser au regard de la taille de sa population.
Les exigences économiques imposées par la première phase de la transition vers le socialisme contraignent la Chine à dépendre (désormais pour environ un tiers de sa production) d'entreprises capitalistes, chinoises ou étrangères, en totalité ou en partie. Celles-ci fournissent capitaux, technologies et emplois. Ces entreprises sont sous contrôle et leur présence est interdite dans certains secteurs stratégiques. Cette situation n'est pas permanente, même si cela n'est pas déclaré ouvertement.
De plus, la Chine nous montre qu'il est possible de réussir tout en restant fidèle à ses principes. Le Parti communiste chinois réaffirme sans cesse que son action repose sur quatre piliers : la propriété socialiste des moyens de production ; la direction du Parti communiste ; un État socialiste solide ; et l'idéologie marxiste .
Manifest de 2005 n° 19
Le PCC lui-même :
Quelles sont les leçons les plus importantes que les communistes peuvent tirer des 80 années de pratique de la construction socialiste ?
La réponse de Deng Xiaoping à la question de la nature exacte du socialisme et de sa construction est qu'il n'en est pas encore tout à fait clair. Il affirmait que nous devons tirer de nombreux enseignements de l'histoire du socialisme, dont l'un des plus importants est la prise de conscience du problème suivant : les révolutionnaires ont tendance à agir de manière précipitée. Certes, cette précipitation est motivée par de bonnes intentions, visant à instaurer plus rapidement le communisme, mais elle nous a souvent empêchés d'analyser rationnellement les situations subjectives et objectives, nous conduisant ainsi à enfreindre les lois objectives du développement du monde. (…)
Le mouvement socialiste mondial a subi un grave revers à la fin du XXe siècle et aura besoin de beaucoup de temps pour s'en remettre. Nous devons nous efforcer de bien faire notre travail et de construire un socialisme prospère et pleinement réalisé en Chine. Si nous mettons tout en œuvre pour développer davantage le socialisme en Chine, cela ouvrira, comme l'a souligné Deng Xiaoping, non seulement la voie au tiers monde, où vivent les trois quarts de la population mondiale, mais (plus important encore) prouvera à l'humanité que le socialisme est la seule voie et qu'il est supérieur au capitalisme .
Manifest de 2005 n° 20
Le PCC lui-même :
Systèmes socialistes au sein desquels des réformes sont menées et qui s'ouvrent témoignent d'une grande vitalité. Le développement du socialisme aux caractéristiques chinoises en Chine, pays qui abrite un cinquième de la population mondiale, en apporte une preuve manifeste au cours des deux dernières décennies.
Le socialisme a débuté en Chine il y a 50 ans ; depuis lors, le pays a accompli des prouesses remarquables, mais a aussi commis des erreurs et même connu de profondes périodes de déclin, comme lors de la « Révolution culturelle ». Après la troisième session plénière du XIe Comité central du PCC, les communistes chinois ont tiré les leçons de l’histoire, adapté le marxisme au contexte national chinois et franchi une deuxième étape majeure dans le développement de cette doctrine en élaborant le marxisme de la Chine contemporaine : la théorie de Deng Xiaoping. (…)
En jetant un regard à la fois rétrospectif et prospectif, le mouvement socialiste mondial, au tournant du siècle, constatait que le fort rejet du socialisme était dû aux bouleversements survenus en Europe de l'Est et en Union soviétique, et qu'il avait été abandonné au XXe siècle. Ce qui s'est réellement effondré, c'est un modèle rigide et ancien de socialisme. Ce qui renaît, c'est un formidable havre de socialisme scientifique. Les réformes ont insufflé une nouvelle vigueur au grand navire du socialisme .
Manifest de 2006 n° 02
Le PTB, à travers ses Études Marxistes (ici n° 64) :
Le Parti Communiste chinois n'affirme absolument pas que le socialisme existe déjà en Chine, et encore moins qu'il y a du communisme. La Chine, selon lui, se trouve aux prémices du socialisme.
(...) Suite à la politique de réformes et d'ouverture à l'Occident, une économie privée dynamique s'est développée. Celle-ci constitue un élément important de l'économie chinoise dans la phase initiale du socialisme, car elle crée des emplois, commercialise de nombreux produits, génère d'importantes recettes fiscales pour l'État et contribue au développement économique mondial. L'expérience du développement de la Chine, mais aussi d'autres pays socialistes (notamment ceux qui appartiennent aujourd'hui de nouveau au système capitaliste mondial), a montré qu'il n'est pas judicieux que l'ensemble de l'économie soit entre les mains de l'État dans la phase initiale du développement socialiste. Cela ne favorise pas la voie socialiste. Naturellement, les composantes essentielles de l'économie doivent rester sous le contrôle de l'État, et c'est effectivement le cas en Chine. (…)
La Chine peut maintenir son statut d'État socialiste dans un contexte de mondialisation grâce à sa taille et à la puissance de son économie. L'essentiel est de préserver et de renforcer le caractère socialiste de son mode de production, et de repousser résolument toute attaque étrangère contre son système économique. Toute la politique du Parti communiste chinois vise cet objectif. Il nous faut évaluer cette orientation stratégique et ne pas crier systématiquement à l'abandon du socialisme par la Chine face à chaque difficulté.
Le socialisme chinois , le dernier numéro de Marxist Studies, comprend des textes de l'ancien ambassadeur d'Allemagne en Chine, Rolf Berthold, que nous avons interviewé dans cet article, et de Boudewijn Deckers, responsable des relations internationales du PTB . Vous pouvez commander ce numéro sur www.pvda.be/shop ou sur www.marx.be, ou en effectuant un virement de 8 euros (7,50 € + 0,50 € de frais de port) sur le compte 001-1660379-09 d'Imast, Kazernestraat 68, 1000 Bruxelles, en précisant « Chine, numéro MS ».
Manifest de 2006 n° 19
Le NCPN a mobilisé ses membres pour la formation du PTB:
Université d'été marxiste 2007 - du 21 au 26 août
UN MONDE EN MOUVEMENT
(...) Inscription : Université d’été marxiste, IMAST, Kazernestraat 68, 1000 Bruxelles (Tél. : + 32 (0)2/504 01 44 Fax : + 32 (0)2/513 98 31 Courriel : imast@marx.be). L’inscription est également possible auprès du bureau du NCPN.
(..)
Où va la Chine ? (2 jours, 22-23 août) → Cette formation a été donnée par Peter Franssen (PTB), qui a écrit Marxist Studies n° 78 en 2007 : « Quel chemin prend la Chine ? »
Manifest de 2007 n° 5
ÉTUDES MARXISTES
Revue trimestrielle, éditeur IMASTvzw, Bruxelles (www.marx.be)
Pour commander, veuillez envoyer un courriel à lectuur@ncpn.nl ou appeler le 020 6825019.
Chaque numéro coûte 7,50 euros, sauf le numéro double 67-68 = 15 euros.
(…)
N° 64. Le socialisme chinois
 Finalement, en 2011… : 
Manifestde 2011 n° 12
La Chine est un pays immense. Son évolution recèle de nombreuses contradictions complexes qui exigent une analyse approfondie avant de tirer des conclusions. C’est pourquoi Manifest a commencé à publier des articles visant à mieux comprendre cette situation.
Il s’agit de la quatrième et dernière partie (voir les numéros 6, 8, 9, 10 et 11 du Manifeste 2011 ) d’une analyse approfondie de la Chine par le PC grec.
Le rôle international de la Chine
Elisseos Vagenas - Membre du Comité central du KKE, responsable de la section internationale du Comité central. Publié dans Communist Review 6 (2010), traduction de Frans Willems.

Je prends l'exemple du NCPN, car le KP (dont Thanasis Spanidis fait partie) n'existe que depuis 2022, suite à une scission du KO, lui-même issu d'un important groupe ayant quitté le DKP en 2017. C'est après ce retrait du DKP que l'Organisation communiste (alors encore unifiée) a pris une position claire sur la question. La position du KO (alors encore unifié) est exposée par Thanasis Spanidis2, comme il l'écrivait en 2017 :

Comme chacun sait, la construction d'une société socialiste exige des conditions préalables non seulement subjectives, mais aussi objectives, notamment un développement suffisant des forces productives et une socialisation avancée de la production et des transports. Ces conditions étaient loin d'être réunies en Chine en 1949 : le pays figurait parmi les plus pauvres du monde, l'industrie n'existait que sous une forme rudimentaire sur la côte est, et de vastes étendues de territoire restaient engluées dans un profond sous-développement. Néanmoins, même à ce stade de développement, les contradictions objectives poussaient déjà le pays vers le socialisme. Le capital avait déjà atteint un degré de concentration relativement élevé et était étroitement lié à la noblesse terrienne et aux capitaux étrangers, de sorte que le dépassement des modes de production précapitalistes et de la dépendance nationale n'était possible que par la lutte contre le capital. Par conséquent, après une phase de transition relativement courte ( la Nouvelle Révolution démocratique ), des mesures décisives vers le socialisme étaient déjà prises : la construction d'une industrie d'État commença, les infrastructures furent développées, l'agriculture fut collectivisée et des institutions de santé, d'éducation publique et de sécurité sociale furent mises en place dans tout le pays. Le volontarisme parfois débridé des dirigeants chinois et ses échecs Ces facteurs ne doivent pas occulter le fait que le processus de construction socialiste en Chine fut, dans l'ensemble, un grand succès : pour la première fois, des centaines de millions de personnes eurent accès à l'éducation et aux soins de santé de base, la situation alimentaire s'améliora considérablement et l'emploi fut lié à la sécurité sociale. L'espérance de vie moyenne augmenta d'environ un an par an sous Mao. La croissance industrielle n'atteignit pas les niveaux astronomiques observés après la restauration capitaliste, mais même durant la phase chaotique de la Révolution culturelle, elle est estimée à un remarquable 10 % par an ( Hart-Landsberg, Martin/Burkett, Paul, 2005, p. 37). Durant cette période, les fondements du boom économique rapide qui débuta dans les années 1980 furent posés grâce à la création d'un État central fonctionnel, au développement des infrastructures, à la mise en place d'une base industrielle modeste et à l'élévation du niveau d'instruction des masses . La « théorie » du PCC selon laquelle « l'économie de marché » crée les conditions d'un futur socialisme déforme donc les faits : en réalité, c'est la phase socialiste de développement qui a créé les conditions économiques, culturelles et politiques ayant permis le développement rapide du capitalisme chinois actuel. Parallèlement, l'ère maoïste a également connu de graves erreurs d'orientation aux conséquences destructrices, notamment pendant la Révolution culturelle. À la mort de Mao en 1976, les dirigeants chinois ont été confrontés à de graves problèmes qui exigeaient une solution urgente : les mécanismes de contrôle rudimentaires étaient de plus en plus inadaptés à une économie différenciée. Les salaires avaient stagné pendant deux décennies, entraînant gaspillage et pénuries (ibid., p. 38) .
Cependant, compte tenu du bilan globalement positif, il y avait peu de raisons objectives de douter de la justesse de l'orientation fondamentale vers la construction socialiste : la Chine se trouvait dans une situation économique bien meilleure qu'il y a 30 ans, les conditions de vie s'étaient considérablement améliorées malgré une pauvreté généralisée persistante, et les masses, dans leur grande majorité, soutenaient le Parti communiste et le projet socialiste. Une crise hégémonique du socialisme, telle que celle qui commençait à se manifester dans certains pays d'Europe de l'Est, notamment en Pologne, était encore lointaine. L'affirmation selon laquelle une alternative au processus contre-révolutionnaire initié par Deng était impossible demeure donc peu plausible. C'est l'acceptation sans critique du récit historique officiel chinois qui honore Mao comme une figure importante de la libération nationale et de la fondation de l'État, mais qui passe sous silence ses idées de libération sociale ou tend à discréditer leur mise en œuvre par le passé .
La stratégie du Parti communiste chinois après 1978 a certes permis de mobiliser de nouvelles ressources pour le développement économique, ressources qui seraient restées inaccessibles autrement, notamment grâce à l'utilisation des capitaux chinois exilés et à l'accès aux marchés étrangers. Cependant, ce faisant, elle a sacrifié l'objectif socialiste et les intérêts de la classe ouvrière à la seule quête de croissance. L'amélioration du niveau de vie et la réduction de la pauvreté, souvent invoquées pour justifier la politique actuelle, sont indéniables. Mais elles s'accompagnent d'une explosion des inégalités sociales, d'une exploitation effrénée de larges pans de la classe ouvrière, d'une destruction environnementale dévastatrice, de la désorganisation et de la marginalisation de cette dernière et, plus généralement, de la disparition de tout espoir d'un avenir socialiste fondé sur la solidarité, l'égalité et la liberté. Depuis quelques années, la résistance de la classe ouvrière et paysanne chinoise contre les politiques gouvernementales s'intensifie, invoquant souvent explicitement les traditions révolutionnaires du passé. Les mouvements de grève, qui prenaient une ampleur considérable à l'échelle européenne, s'accompagnaient de mobilisations de petits agriculteurs et d'un intérêt croissant pour le marxisme et l'ère maoïste parmi les étudiants d'opposition . Le parti au pouvoir, cependant, ne répondit pas à ces mouvements par la sympathie et la solidarité, mais par une répression policière brutale, des peines de prison et un soutien indéfectible au patronat.3

Je souhaite souligner brièvement une évolution dans l'analyse de la Chine proposée par Thanadis Spanidis ici en 2017 et dans son analyse ultérieure de 2024 (nous y reviendrons).
Ainsi, dans l'analyse de 2027, une rupture nette est encore observée entre «
la justesse de l'orientation fondamentale vers la construction socialiste » et la ligne « des années 1980 » qui a conduit à la restauration du capitalisme, laquelle était « opposée à la ligne de Mao ».
En 2024, une continuité est postulée entre la ligne essentiellement «
contre-révolutionnaire et révisionniste » de Mao et celle de Deng Xiaoping qui a conduit à la restauration du capitalisme APRÈS 1978.
Cependant, il est clair que pour le NCPN comme pour le KP, leur position concernant le caractère actuel (capitaliste/impérialiste) de la Chine est déterminée par l'analyse approfondie produite par le KKE en 2010. Dans la version étendue de l'analyse de 1917 parue dans
Offensivn°5 in 2016, à la page 24 , fait déjà référence au KKE à ce sujet :

Le Parti communiste chinois (PCC) ne recherche pas d'alliances avec les franges conscientes de la classe ouvrière ni avec les partis communistes de ses pays partenaires, mais négocie plutôt avec les représentants des gouvernements et du capital. Pour le PCC, la coopération internationale entre partis communistes n'est qu'un moyen parmi d'autres d'obtenir la reconnaissance du modèle de développement chinois à l'étranger. Un autre moyen consiste à se rapprocher de l'Internationale socialiste ou de partis bourgeois sociaux-démocrates comme le parti grec SYRIZA. Lors d'une visite en Grèce en 2010, Liu Jieyi, chef adjoint du Département des relations internationales du Comité central du Parti communiste chinois, a non seulement salué les politiques d'austérité et de privatisation du gouvernement PASOK de l'époque, mais a également commenté la position fondamentale de la Chine à l'égard de l'Internationale socialiste : « Nous considérons comme primordiale la poursuite et la coordination des échanges de vues et du dialogue stratégique entre l'Internationale socialiste et le Parti communiste chinois. Notre intention est de poursuivre ce dialogue car, comme nous l'avons constaté lors de nos discussions de ces derniers jours, il existe de nombreux points communs entre l'Internationale socialiste et l'orientation politique du Parti communiste chinois.4 »

Les événements survenus en Grèce, qui ont eu de graves conséquences pour la classe ouvrière, ont conduit le KKE à adopter en 2010 une position sans équivoque sur le caractère capitaliste actuel de la Chine.

En 2010, des événements en Grèce ont eu des conséquences pour la classe ouvrière :

Le 4 octobre 2010, dans un communiqué du Bureau de presse du CCC du KKE concernant les accords avec la Chine
L'ensemble des accords signés entre les gouvernements grec et chinois constitue une véritable aubaine pour certains membres de la ploutocratie, et rien de plus. Le peuple ne doit pas se laisser berner par la propagande gouvernementale ni par les célébrations de la ploutocratie.
Le fameux plan d'investissement chinois de 5 milliards n'est rien d'autre qu'un coup de pouce du gouvernement chinois aux armateurs grecs afin qu'ils fassent construire des centaines de navires en Chine et que la Grèce devienne un tremplin pour la Chine en Europe.
La concession d'infrastructures (ports, voies ferrées, chantiers navals) à des multinationales chinoises pour le transport de marchandises ne créera que très peu d'emplois face au chômage engendré par la disparition massive des PME. L'expansion et le renforcement de l'activité du capital transnational dans des secteurs d'infrastructures vitaux ont pour conséquence le recours à une main-d'œuvre encore moins chère, sans droits du travail, et aux salaires alignés sur ceux des pays chinois.
Ce sont les grands hommes d'affaires qui contrôlent les exportations d'huile d'olive qui profiteront de l'exportation de ce produit vers la Chine, et non les pauvres agriculteurs dont la situation continuera de se détériorer.
Le peuple doit en tirer les leçons. Un développement qui profite aux grands capitaux engendre la pauvreté et le chômage. Il mine les capacités productives du pays et l'entraîne dans de dangereuses rivalités inter-impérialistes.
Le Parti communiste chinois et ses dialogues stratégiques avec le PASOK et l'Internationale socialiste 22 novembre 2010
Commentaire du journal «Rizospastis» - Organe du Comité central du KKE (19/12/2010)
Il est bien connu que le KKE est parvenu à la conclusion que des relations capitalistes se développent aujourd'hui en Chine, avec la particularité que cela se produit sous la direction politique du parti au pouvoir qui porte le titre de « communiste ».
Les conséquences de cette évolution sont bien connues : l'ascension de la Chine au sommet des pays affichant les taux de développement capitaliste les plus rapides et le plus grand nombre de milliardaires, la suppression d'acquis importants pour les travailleurs, tels que la gratuité des soins de santé et de l'éducation, que ces derniers doivent désormais financer, et l'existence de millions de chômeurs et de travailleurs sous-payés.
Ce n’est donc pas un hasard si Liu Jieyi, directeur adjoint du Département international du Comité central du PCC, a déclaré lors de sa rencontre (16 novembre) avec G. Papandreou, Premier ministre grec et président du PASOK et de l’Internationale socialiste : « Les relations entre le PASOK et le Parti communiste chinois sont exceptionnelles et nous avons la ferme intention de renforcer notre coopération afin de promouvoir nos relations interpartis et, par le dialogue interpartis, de consolider l’excellente coopération stratégique entre nos deux pays, d’autant plus que nous sommes confrontés à de nombreux défis . » Liu Jieyi n’a pas manqué de féliciter G. Papandreou pour ses « excellents résultats électoraux ». Il n’en serait pas autrement, car les représentants politiques des monopoles (comme COSCO), quelle que soit leur étiquette (« socialiste » en Grèce ou « communiste » en Chine), partagent des intérêts de classe communs.
Les choix anti-peuple du gouvernement PASOK sont salués et soutenus par les responsables chinois, pourvu qu'ils s'accompagnent de l'ouverture de la voie aux monopoles chinois.

Il était clair que pour les travailleurs grecs, une analyse approfondie du caractère RÉEL de la Chine devait être effectuée afin de dissiper tout doute, comme celui de savoir si « est-ce là une forme possible de socialisme pour laquelle le KKE se mobiliserait ? ».
L'analyse a donc été rédigée et pouvait être consultée sur leur site international le 11 mars 2011 :

Le rôle international de la Chine
Par Elisseos Vagenas, membre du Comité central du KKE, responsable de la section internationale du Comité central.
publié dans la Revue communiste, numéro 6, 2010
L'émergence de la Chine comme nouvelle puissance mondiale a suscité un vif intérêt chez les analystes et les citoyens du monde entier. Cet intérêt est d'autant plus marqué chez les personnes politisées, qui comprennent l'ère des révolutions sociales amorcée en octobre 1917 en Russie et qui a engendré une série de luttes et de révolutions socio-politiques majeures à travers le monde, dont la révolution chinoise. L'intérêt suscité par la montée en puissance de la Chine est paradoxal, car cette montée en puissance s'opère sous le drapeau rouge et avec le Parti communiste chinois au pouvoir.
Néanmoins, l'une des leçons de la contre-révolution soviétique est que les communistes n'auraient pas dû accepter sans réserve les déclarations du PCUS. Chaque parti communiste, tout en restant fidèle au principe de l'internationalisme prolétarien, devait étudier par ses propres moyens les évolutions et l'expérience du mouvement communiste international et s'efforcer de se forger sa propre opinion à ce sujet, en s'appuyant sur la théorie marxiste-léniniste. Le KKE se réserve le droit de critiquer le mouvement communiste international afin de le renforcer, ainsi que la stratégie des communistes. Le KKE s'oppose aux dérives des principes du marxisme-léninisme et des lois de la construction socialiste, tout en entretenant des relations bilatérales avec les partis communistes aux approches différentes.
Sur cette base, le KKE, tout en maintenant des relations bilatérales avec le Parti communiste chinois, suit systématiquement l'évolution de la situation et se forge sa propre opinion, qu'il communique publiquement et au PCC. Comme chacun sait, le KKE avait déjà constaté, lors de son 17e congrès (2005), l'expansion des relations capitalistes en Chine. Depuis lors, cette tendance s'est renforcée et est devenue encore plus manifeste.

Il ne s'agissait PAS d'une analyse de la révolution chinoise et de la construction du socialisme, ni de celle des voies qui ont conduit à la restauration du capitalisme (dans son stade ultime de l'impérialisme).
L'analyse indiquait seulement (brièvement et de manière « résumant ») que « dans les années soixante et soixante-dix » :

Il est important de se rappeler certains faits du passé. Tant que l'Union soviétique existait, la politique étrangère chinoise était coordonnée avec celle des États-Unis contre l'URSS. Cette position fut initialement présentée comme une critique du tournant opportuniste du PCUS lors de son XXe Congrès. Bien sûr, nous savons aujourd'hui qu'à ses débuts, le PCC ne différenciait pas sa position, ni ouvertement ni en substance, des orientations du XXe Congrès du PCUS . Son désaccord fut exprimé plus tard , motivé par les différends frontaliers sino-soviétiques. La position du PCC eut un certain impact sur les partis communistes, en raison du glissement opportuniste de l'URSS vers des positions concernant la « paix et la compétition éternelles » avec les puissances impérialistes dans le cadre de la « coexistence pacifique ». Néanmoins, après le XXe Congrès, le PCC ne limita pas ses critiques aux seules positions opportunistes, mais choisit une stratégie qui, dans les faits, conduisit à de nombreuses reprises à une attitude hostile envers le mouvement communiste international et l'URSS, et, en coordination avec les États-Unis, à une position contraire aux intérêts du mouvement révolutionnaire mondial .

C'est un « résumée » subjectiviste qui n’est pas tout a fait correct (les phrases italique-gras ), en ce qui concerne d’être des faits historique CONCRÉTES.
Puis, sans préciser que cela se passe APRÈS la mort de Mao :

« Le PCC a procédé sur la base de son analyse des « trois mondes » : le « premier monde » était composé des « superpuissances » (l’URSS était d’ailleurs qualifiée de « puissance social-impérialiste »), le « deuxième monde » des riches alliés des superpuissances et le « tiers monde » des pays en développement, dont la Chine. »
Et puis, sans le dire clairement, APRÈS la 3e session du 11e CC en 1978 :
« Un exemple typique est l’attitude de la Chine à l’égard de l’aide internationaliste que l’URSS a apportée au Pouvoir révolutionnaire populaire d’État en Afghanistan. »
À cette occasion, la Chine faisait partie du « bloc » de forces formé par les États-Unis, avec l’Arabie saoudite, le Pakistan et d’autres, finançant les forces socio-politiques les plus réactionnaires en Afghanistan, qui menaient une lutte armée contre le gouvernement populaire nouvellement établi 5.
Dans un article du « Washington Post » du 19 juillet 1992 concernant les tactiques de la CIA en Afghanistan en 1980 , il est mentionné que la Chine a vendu des armes à la CIA et en a fait don d’une quantité moindre au Pakistan. L’article souligne toutefois : « Le rôle exact de la Chine reste l’un des secrets les mieux gardés de cette guerre . » 6Il y est également fait mention des types d’armes que la Chine a fournies pour renforcer les forces contre-révolutionnaires .

Mais ces arguments n’étaient pas « nécessaires » pour prouver le caractère bourgeois et capitaliste RÉEL de la Chine ; par conséquent, les commentaires « résumant » sur les « années soixante et soixante-dix », bien qu’inexacts , n’ont pas nui à l’ analyse précise et juste du caractère actuel de la Chine .
L’essentiel du vue subjective et résumant du KKE :

« …Tant que l’Union soviétique existait, la politique étrangère chinoise était coordonnée avec celle des États-Unis contre l’URSS. Cette position fut initialement présentée comme une critique du tournant opportuniste du PCUS lors de son XXᵉ Congrès. Bien sûr, nous savons aujourd’hui qu’à ses débuts, le PCC ne différenciait pas sa position, ni ouvertement ni en substance, des orientations du XXᵉ Congrès du PCUS. Son désaccord fut exprimé plus tard, motivé par les différends frontaliers sino-soviétiques. »

Le KKE n'a pas encore produit d'analyse détaillée de la Révolution chinoise et de la construction du socialisme. Cependant, l'affirmation ci-dessus, qui présuppose une continuité de la ligne du PCC AVANT et APRÈS 1978, est erronée.
Les remarques concernant la ligne et la stratégie du PCC APRÈS 1978 sont justes et, de surcroît, étayées (voir les références).
Ces points de vue, qui à l'époque ne constituaient ni une analyse fondamentale de la Révolution chinoise et de la construction du socialisme, ni une analyse de la stratégie développée par Mao et de la lutte entre les deux lignes au sein du PCC dès le départ, mais simplement un ensemble de réserves, sont devenus les positions partiales des partis communistes, qu'ils « justifient » ensuite par des citations et/ou des paraphrases de textes sortis de leur contexte historique concret. En réalité, une vision opportuniste (dogmatique) – je parle d'une attitude petite-bourgeoise de « paresse intellectuelle » quant à l'application du marxisme-léninisme… ou, si cela se produisait consciemment, on pourrait parler de révisionnisme. Il existe assurément un cas de révisionnisme historique lorsqu'on présente une vision subjectiviste d'un événement ou d'un développement historique comme un « fait historique ».

Un exemple concret de cette « paresse intellectuelle » petite-bourgeoise, susceptible de mener au révisionnisme, est Thanasis Spanidis, qui travaille « mandaté par le Comité central du Parti communiste ».

En accord avec le Comité central du Parti communiste, ou « mandaté par le Comité central du Parti communiste », Thanasis Spanidis élabora une analyse de la révolution chinoise, de la construction du socialisme et de la restauration du capitalisme en Chine, qui allait devenir la position officielle du parti sur ce sujet. Parallèlement, il analysa le « maoïsme », indiquant que le Parti communiste le rejetterait et le combattrait. En reliant ces analyses, il fit de la stratégie concrète de la révolution et de la construction du socialisme dans le contexte historique précis de la Chine, telle qu'élaborée principalement par Mao Zedong, le contenu même du « maoïsme ».
Thanasis Spanidis, en tant que cadre du PC, ou, comme il l'écrit lui-même, «
mandaté par le Comité central du Parti communiste », restreint la lutte contre l'opportunisme/révisionnisme à une lutte uniquement contre une forme singulière de dogmatisme : le maoïsme.
Il reste également
flou à cet égard quant à la nature de l'opportunisme et/ou du révisionnisme.
Par exemple, il qualifie le maoïsme de «
courant communiste erroné ».
Ou bien existe-t-il, selon Thanasis Spanidis, une différence entre l'opportunisme/révisionnisme… et le « maoïsme » ?
L'analyse que Thanasis Spanidis a faite de la révolution chinoise et de la construction du socialisme… Concernant la restauration du capitalisme «
mandaté par le Comité central du Parti communiste », une déclaration a été publiée sur leur site web et constitue désormais une position officielle du parti : « Der Große Sprung Zurück ».
Dans « 
l’introduction7 », Thanasis Spanidis déclare :

Critiquer le maoïsme, n'est-ce pas simplement un exercice intellectuel de plus, une querelle de mots sans fin, bien loin de nos tâches urgentes de communistes ? Ne s'agit-il pas avant tout de détails historiques sans grand rapport avec les réalités du capitalisme moderne ? Ne devrions-nous pas plutôt nous concentrer sur la construction d'un parti communiste puissant et sur l'élaboration de la stratégie et des tactiques nécessaires pour renverser l'impérialisme allemand ?
Nous pensons pouvoir démontrer dans ce livre qu'un tel contraste est faux : la construction d'un parti communiste exige une clarté de contenu sur toutes les questions de lutte des classes, et le maoïsme, qui regagne aujourd'hui de l'influence dans certaines parties du mouvement communiste en Allemagne, donne systématiquement de fausses réponses à toute une série de ces questions . L’affiliation d’une organisation politique au marxisme-léninisme ou au « marxisme-léninisme-maoïsme » ne relève pas d’une préférence personnelle ; il ne s’agit pas simplement de variantes d’une même voie menant à la révolution socialiste et au communisme. Prétendre qu’il n’existe aucune différence fondamentale entre les idées de Mao et le marxisme-léninisme, et que, par conséquent, la coopération entre « alliés révolutionnaires » est sans faille, revient à éluder tout débat de fond. L’orientation maoïste imprègne la quasi-totalité des domaines de la pratique politique.
Nous sommes convaincus qu'une critique mutuelle, sérieuse et incisive, mais aussi objective, des courants communistes est essentielle pour corriger les erreurs et, partant, pour progresser dans la lutte des classes . L'une des principales raisons de la grande faiblesse actuelle du mouvement communiste international et allemand réside dans l' absence de débats sérieux et de confrontations avec les idées fausses . (…)
Le principe de « clarté avant l’unité » est fondamental pour la composition du Parti communiste et une condition préalable à l’unité des communistes, tant dans l’organisation que dans la pratique. Bien entendu, une telle condition ne saurait être imposée à la classe ouvrière dans son ensemble. Nous aspirons à l’unité d’action de la classe ouvrière, à sa lutte commune, affranchie des divergences idéologiques. Toutefois, cette large orientation vers l'ensemble de la classe ouvrière présuppose précisément que le parti communiste qui la met en œuvre repose sur une base programmatique aussi développée et collectivement imprégnée que possible.
Ces principes doivent également déterminer la relation que nous entretenons avec les autres courants du mouvement communiste.

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Tout d'abord, un bref mot sur le « maoïsme ».
À mon avis, le maoïsme est une forme d'opportunisme. C'est une forme de dogmatisme qui consiste à « confirmer » certaines orientations ou positions stratégiques au moyen de
citations choisies parmi les textes de Mao, hors de leur contexte, ou en « inventant » un « nouveau contexte ». Ces citations, extraites des diverses œuvres de Mao, correspondent en grande partie à celles du Petit Livre rouge (compilé à l'origine par Lin Piao, avec une « préface » de Liu Chaochi).

Les textes de Mao constituent les orientations stratégiques de la révolution et de la construction du socialisme, valables dans le contexte de leur rédaction.

Le dogmatisme consiste à adopter des citations tirées de textes qui étaient des analyses ou des orientations pour une situation historique concrète – à savoir, les orientations stratégiques de la révolution et de la construction du socialisme en Chine – de sorte que ces citations semblent confirmer des « orientations » ou des « stratégies » pour des situations qui n'avaient rien à voir avec le « contexte » original, ou pour des situations considérées comme « analogues à celles du passé ».
En appliquant ce dogmatisme, qu'on appelle le « maoïsme », l'organisation développe une
stratégie social-démocrate au lieu d'une stratégie révolutionnaire, à laquelle ses principes organisationnels s'adaptent.
Ainsi, par exemple, « l'application de la ligne de masse » conduit à
occulter le rôle révolutionnaire de la classe ouvrière et le caractère d'avant-garde du parti. On présuppose alors une conscience politique homogène des « masses ». Les termes « masses » et « classe ouvrière » sont utilisés de manière interchangeable, au point qu'on parle exclusivement de « masses », l'expression « classe ouvrière » devenant alors un concept dénué de sens.
L'impératif de développer la conscience de pans toujours plus importants de la classe ouvrière jusqu'à un niveau révolutionnaire est occulté… 
dans lequel le développement inégal de la conscience au sein de la classe ouvrière (
qui se compose – schématiquement- d'une avant-garde, d'une « section moyenne » différenciée et d'une « arrière-garde » différenciée) n'est plus pris en compte
On parle alors des
« masses » comme d'un ensemble homogène et indifférencié. Les concepts de « classes » et de « classe ouvrière » se formalisent. On ne parle même plus d’« avant-garde ». L’objectif stratégique devient l’orientation des « masses » vers des « objectifs de lutte » (jugés « réalisables dans le cadre du capitalisme » par ces organisations).
Ces «
objectifs de lutte » correspondent alors aux points du programme ELECTION de ces organisations. Le « maoïsme » conduit finalement l’organisation, qui a peut-être débuté comme révolutionnaire, marxiste ou communiste, vers une ligne social-démocrate.
On peut citer comme exemples le SP aux Pays-Bas, le PTB en Belgique et le KOE au sein de Syriza (où les organisations évoluent dans une direction « maoïste » pour s’éloigner du marxisme-léninisme et opérer une transition vers la social-démocratie).

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Thanasis Spanidis, cadre du Parti communiste, fonde son analyse de la révolution chinoise, de la construction du socialisme et de la restauration subséquente du capitalisme (« commanditée par le Comité central du PC ») sur des positions partiales qui reprennent les « conclusions sommaires » du KKE dans Le rôle international de la Chine. Il omet d'examiner certains points, faute de quoi il aurait su que ces conclusions sommaires sont erronées:

« Tant que l'Union soviétique existait, la politique étrangère chinoise était coordonnée avec celle des États-Unis contre l'URSS. (….) ... nous savons aujourd'hui qu'à ses débuts, le PCC ne différenciait pas sa position, ni ouvertement ni en substance, des orientations du XXe Congrès du PCUS . Son désaccord fut exprimé plus tard , motivé par les différends frontaliers sino-soviétiques.(…) ... après le XXe Congrès, le PCC ne limita pas ses critiques aux seules positions opportunistes, mais choisit une stratégie qui, dans les faits, conduisit à de nombreuses reprises à une attitude hostile envers le mouvement communiste international et l'URSS, et, en coordination avec les États-Unis, à une position contraire aux intérêts du mouvement révolutionnaire mondial. »

C’est sur cette base que Thanasis fonde ses positions préconçues concernant le PCC d’AVANT 1978.
L’idée centrale de ces positions est que « 
le révisionnisme et les idées contre-révolutionnaires » de Mao contenaient les éléments qui ont constitué le fondement de la ligne de Deng Xiaoping, laquelle a conduit à la restauration du capitalisme en Chine.
À cela s’ajoute l’idée que le PCC était en réalité responsable de la rupture avec le PCUS.
Ce faisant, Thanasis Spanidis parvient à minimiser « 
l’opportunisme » de Khrouchtchev afin d’accuser Mao d’un « révisionnisme bien plus grave ».
Si l’on compare ces accusations avec des textes du PCUS, on constate que leur contenu correspond à celui des accusations portées par Khrouchtchev contre le PCC, puis par Brejnev contre Mao. Contrairement à ce qu'il écrivait en 2017, il part désormais (suite à ses lectures au KKE ?) d'une continuité de la ligne et de la stratégie du PCC (et/ou de Mao) des années 1960 et 1970, qui contiennent déjà des éléments de la ligne ayant mené à la restauration du capitalisme après 1978.
Comme il travaillait «
pour le compte du Comité central du PC », les conclusions qu'il tire – « Mao est un révisionniste et un contre-révolutionnaire », bien sûr – deviennent la ligne officielle du parti. 


Son analyse (qu'il a réalisée avec Jakob Schulze et Fatima Saidi, mais dont il a incontestablement supervisé la version finale) :
Der Große Sprung Zurück 
Dans l'introduction, il expose les grandes lignes de cette analyse :

1.Introduction
(…)
Les différences fondamentales entre le marxisme-léninisme et le maoïsme sont apparues très tôt dans l'histoire. Au début des années 1960, le mouvement communiste mondial s'est scindé entre l'Union soviétique et la République populaire de Chine, ainsi que leurs partis affiliés . Cette division s'est progressivement accentuée, menant les deux puissances socialistes au bord de la guerre nucléaire. Ce conflit a entraîné un affaiblissement dévastateur de la classe ouvrière mondiale et du système étatique socialiste ; l'impérialisme en a été le principal bénéficiaire. Le déroulement de ce conflit a été décrit plus en détail ailleurs 8. Il conviendrait d'examiner ailleurs si, et dans quelle mesure, la direction de l'Union soviétique et le virage opportuniste de droite lors du XXe Congrès du PCUS ont contribué à cette situation. Toutefois, il est clair que la position du Parti communiste chinois et des partis maoïstes qui lui étaient associés, qui diffamaient l'Union soviétique en la qualifiant d'« impérialiste sociale » et, dans certains cas, de « fasciste », a rendu impossible le dépassement de la scission. L'emploi de ces termes par le maoïsme dépassait le cadre d'une simple exagération polémique. Aujourd'hui encore, l'ensemble des courants maoïstes n'a pas pris ses distances avec la thèse de l'« impérialisme social ». Il apparaît clairement que des points de vue fondamentalement différents sur l'économie et la politique du socialisme, mais aussi sur le révisionnisme, le déroulement et les causes de la contre-révolution en Union soviétique, sont représentés ici par rapport au marxisme.
Nous voulons maintenant montrer que Non seulement le révisionnisme qui s'est répandu sous la direction de Khrouchtchev en Union soviétique et au sein des partis communistes alliés était une recette pour la défaite, mais il en allait de même pour le révisionnisme de Mao Zedong. qui, à bien des égards, est davantage le jumeau hostile du révisionnisme de Khrouchtchev que son véritable pendant. Mais si nous voulons examiner de manière exhaustive. pour tirer les leçons des erreurs du socialisme tel qu'il a réellement existé, il ne suffit pas d'examiner de manière critique les résolutions du Parti communiste de l'Union soviétique lors de son XXe congrès. Une critique des idées erronées de Mao est tout aussi nécessaire si l'on veut éviter de reproduire d'autres erreurs – ou souvent les mêmes erreurs sous une autre forme.

Thanasis Spanidis fait donc référence ici aux hypothèses (erronées) de l'analyse du KKE dans « Le rôle international de la Chine ».
Il est vrai, cependant, que le KKE a analysé UNIQUEMENT le caractère capitaliste/impérialiste actuel et NON les développements en Chine (la révolution et l'instauration du socialisme) qui auraient ensuite conduit à la restauration du capitalisme.
Thanasis Spanidis utilise ces «
remarques de synthèse » (qui ne sont pas entièrement correctes – voir ci-dessus) comme point de départ de son analyse. En cela, Thanasis Spanidis est idéaliste (non matérialiste). Il relie cela à d'autres points de vue préconçus, qu'il s'efforce ensuite de « prouver » de manière dogmatique et idéaliste.
Un bon exemple de dogmatisme (la recherche subjective et sélective d'arguments en faveur de points de vue préconçus), mais qui démontre simultanément le caractère CONSCIENT de sa méthode, est sa référence (voir note de bas de page) :
Socialist Movement of Kazakhstan 2022: Open conflict between the USSR and the PRC of the 50s-70s, International Communist Review 12/2022, “
Thanasis Spanidis ne fait (DÉLIBÉRÉMENT/CONSCIAMENT ?) aucune référence à un article DU MÊME NUMÉRO de la Revue communiste internationale :
The Speech of Khrushchev at the 20th Congress of the CPSU: Socialism rendered defenceless”, by Kemal Okuyan, TKP General Secretary van de Communist Party, Turkey. 
Cet article ne permettrait pas à Thanasis Spanidis de relativiser le révisionnisme de Khrouchtchev en le comparant à un « révisionnisme » maoïste qu'il qualifie lui-même de PIRE.
Contrairement à l'analyse qu'il a menée
en 2017 (voir ci-dessus), celle de 2024 postule une continuité entre la ligne « contre-révolutionnaire et révisionniste » de Mao et la restauration du capitalisme APRÈS 1978. Thanasis Spanidis reprend cette interprétation des remarques « synthétiques » du KKE dans Le rôle international de la Chine (2010-2011) et l'intègre à son jugement sur Mao.
Thanasis Spanidis écrit :

Nous souhaitons à présent démontrer que non seulement le révisionnisme qui s'est répandu sous la direction de Khrouchtchev en Union soviétique et au sein de ses partis communistes alliés était voué à l'échec, mais aussi celui de Mao Zedong, qui, à bien des égards, est davantage le pendant hostile du révisionnisme khrouchtchevien que son véritable adversaire. Toutefois, si nous voulons tirer pleinement les leçons des erreurs du socialisme réellement mis en œuvre, il ne suffit pas d'examiner de manière critique les résolutions du Parti communiste de l'Union soviétique lors de son XXe congrès. Une critique des idées fausses de Mao est tout aussi nécessaire si l'on ne veut pas tomber dans d'autres erreurs – ou souvent dans les mêmes erreurs sous une autre forme. (…)

Comment expliquer que la Révolution chinoise, ce magnifique acte de libération du plus grand peuple du monde, ait dégénéré en seulement deux décennies, et sous la même direction qui l'avait menée, en un État conspirant avec l'impérialisme contre le mouvement communiste mondial et se comportant comme un provocateur contre le mouvement communiste international
 ? Une partie de la réponse réside dans la fétichisation par Mao des « particularités nationales ». Mao partait de ce qu'il considérait comme les intérêts nationaux de la Chine, plutôt que de ceux de la classe ouvrière internationale, et s'appuyait sur une conception des contradictions plus ou moins arbitrairement interchangeables, lui permettant de mettre l'accent, tantôt, sur la lutte contre l'impérialisme, tantôt sur la rivalité avec l'Union soviétique. Ces positions idéologiques fondamentales ont d'abord conduit le Parti communiste chinois, sous sa direction, à abandonner la nécessité d'un mouvement communiste international, puis à se détourner du mouvement communiste international lui-même, et enfin à s'allier avec l'impérialisme américain et les impérialistes d'Europe occidentale contre les États du Pacte de Varsovie. Mao, qui, dans sa jeunesse, avait résolu de faire la guerre à l'impérialisme et de lutter pour le socialisme en Chine, est mort en 1976 en traître à la cause communiste et en serviteur objectif de la contre-révolution.9

Si l'analyse de Thanasis Spanidis (« mandatée par le Comité central du Parti communiste ») n'est pas réfutée au sein du Parti communiste, une application erronée du marxisme-léninisme s'y infiltrera.

Si cette analyse, produite par Thanasis Spanidis « mandatée par le Comité central du Parti communiste », devient une « position officielle du parti », on assiste à une conception erronée de l'application du marxisme-léninisme qui s'infiltre au sein du Parti communiste. Formellement, on peut encore affirmer qu'elle doit d'abord être approuvée en congrès avant de devenir une position officielle. Mais une réfutation ou un amendement est déjà très difficile, pour les raisons évoquées précédemment.
Thanasis Spanidis adopte d'emblée la position (idéaliste plutôt que matérialiste historique) PRÉ-ESTIMÉE selon laquelle « 
le maoïsme correspond à la ligne de Mao (des années 1920 aux années 1960 incluses) et est identique (à quelques nuances près) à celle du PCC depuis sa création jusqu'à nos jours. »
Pour «
prouver » cela, il fait preuve d'un dogmatisme similaire à celui des maoïstes eux-mêmes, qu'il prétend combattre.
Ce dogmatisme (visant à défendre des positions préconçues) relève de l'opportunisme dans l'application du socialisme scientifique, qui a normalement pour but d'élaborer une stratégie de transformation du monde et de doter la classe ouvrière des moyens d'y parvenir.
Je souhaite à présent démontrer concrètement ce dogmatisme en abordant quelques points de l'analyse de Thanasis Spanidis et en montrant concrètement qu'il s'agit, à tout le moins, d'opportunisme (dans le cas de l'ignorance, de recherches erronées ou d'une attitude petite-bourgeoise de «
paresse intellectuelle »). Mais en cas de mépris délibéré des sources pertinentes, ou d'une analyse matérialiste-historique de la situation historique concrète, il s'agit de révisionnisme.
Dans tous les cas, cela implique un révisionnisme
historique (et donc un idéalisme)…
Si cette analyse était soumise (pour amendement) aux membres du Parti communiste AVANT de devenir la «
position officielle du parti », le problème se poserait : CHAQUE PHRASE et CHAQUE RÉFÉRENCE pourraient et devraient être remises en question. Les membres auraient dû, au préalable, mener une étude approfondie de la Révolution chinoise et de la construction du socialisme afin de pouvoir rejeter l’analyse dans son intégralité au lieu de se contenter d’en modifier certains points.
De cette manière, ils pourraient par exemple acquérir des connaissances que Thanasis Spanidis leur omet dans son analyse, à savoir sur l’évolution AU SEIN DU PCC – dès ses origines, lors de sa formation.
Contrairement à la formation, fondée sur une lutte politique et idéologique antérieure (depuis 1904), d'un parti « bolchevique » politiquement, idéologiquement et organisationnellement unifié dans la Russie de 2012, le PCC, dès sa création en 1921, comprenait une « aile » révolutionnaire et une « aile » bourgeoise, cette dernière étant parfois divisée en deux courants opposés : « gauche » et « droite ».
Je ne vais pas réfuter chaque phrase ni chaque point d'analyse de Thanasis Spanidis, ni chaque référence ou source citée à ce sujet.
Je me contenterai donc de présenter ici les grandes lignes (du moins) de l'opportunisme de Thanasis Spanidis.
Son argumentation étant si longue (fondée sur d'innombrables références douteuses en notes de bas de page), je vais maintenant l'illustrer par quelques exemples.
Compte tenu de sa méthode de travail, mais aussi de ses connaissances acquises, fruit d'études approfondies, il est difficile d'échapper à la conclusion qu'il ne s'agit pas d'un simple opportunisme (dû à un manque d'instruction ou de perspicacité), mais d'une pratique délibérée, et donc de révisionnisme.
Puisque cette analyse, fondée sur le dogmatisme, vise à devenir une position officielle du parti, ce dogmatisme s'infiltrera au sein du Parti communiste par le biais de cette méthode d'analyse de Thanasis Spanidis, sous la forme d'une conception erronée de l'application du socialisme scientifique (marxisme-léninisme).

Il ne s'agit pas d'une réfutation totale, mais d'une série de points d'analyse opportunistes (voire délibérés, voire révisionnistes) relevés par Thanasis Spanidis.

- Le dogmatisme de Thanasis Spanidis relève-t-il d'une paresse intellectuelle petite-bourgeoise ou d'une méthode délibérée pour désigner les anticommunistes ?

Dans Der Große Sprung Zurück - Eine marxistische Kritik an Theorie und Praxis des Maoismus (29 mars 2024)10, Thanasis Spanidis écrit :

« …le désastre du « Grand Bond en avant » est généralement connu, même si ses conséquences dévastatrices sont largement exagérées par la propagande anticommuniste, qui impute au socialisme des « millions de morts supplémentaires »11. Ce qui est incontestable, en revanche, c'est que le Grand Bond en avant a aggravé une famine déjà provoquée par des catastrophes naturelles et a engendré d'énormes dégâts économiques… »

Il se rallie ici à l'« analyse » bourgeoise et anticommuniste courante sur l'impossibilité du socialisme comme transition vers le communisme. Les communistes étudient les acquis de la classe ouvrière suite à une révolution qui a eu lieu et qui s'inscrit dans une stratégie de développement d'un nouveau système de production et de distribution. Ils examinent comment la classe ouvrière, sous la direction de son organisation d'avant-garde, a pris en main l'organisation de la nouvelle société. Les communistes analysent également les échecs, les défaites et/ou les erreurs (mais du point de vue des intérêts objectifs de la classe ouvrière). Ils étudient aussi les causes de ces échecs, défaites et erreurs… afin de se préparer au moment où ils organiseront et mobiliseront la classe ouvrière pour mener la révolution et construire une société nouvelle.
Sans étude, enquête ni analyse (en note de bas de page, T dit : «
Ce sujet ne peut être approfondi ici »… parler du « désastre du Grand Bond en avant » revient à envisager la construction du socialisme du point de vue de la bourgeoisie, qui parle avant tout de l'effondrement de sa société, ce qui est, pour elle, un « désastre ».
Ainsi, une
note de bas de page précise :

« Ce sujet ne peut être approfondi ici ; il suffit de souligner que les chiffres de 30 millions de morts ou plus dus à la famine, souvent cités par les historiens anticommunistes, sont dénués de tout fondement et reposent très probablement sur des erreurs statistiques. Les observateurs de l’époque, y compris la CIA, n’ont pas évoqué une famine d’une telle ampleur vers 1961. Voir Gao 2018, p.170-189 ; Joseph Ball : « Did Mao Really Kill Millions in the Great Leap Forward? », Monthly Review, 2006, en ligne : https://mronline.org/2006/09/21/did-mao-really-kill-millions-in-the-great-leap-forward/. »

Il est fait référence ici à l'article de Joseph Ball : « Mao a-t-il vraiment tué des millions de personnes lors du Grand Bond en avant ?»
Je ne sais pas si Thanasis Spanidis a lu cet article lui-même et dans son intégralité. Si c'est le cas, il a certainement aussi lu le passage suivant :

Des auteurs comme Roderick MacFarquhar, Jasper Becker et Jung Chang affirment que les preuves dont ils disposent confirment la thèse de la famine massive. Leurs principaux ouvrages sur le sujet12 citent effectivement des sources à l'appui de ces preuves. Cependant, ils n'expliquent pas suffisamment, dans ces livres, pourquoi ils considèrent ces sources comme authentiques.
Dès lors, la question de savoir pourquoi les récits de ces auteurs devraient être considérés comme des faits avérés en Occident reste ouverte. Dans son célèbre ouvrage de 1965 sur la Chine, « Un rideau d'ignorance », Felix Greene raconte avoir parcouru des régions de Chine en 1960 où le rationnement alimentaire était très strict, mais n'avoir constaté aucune famine généralisée. Il cite également d'autres témoins oculaires qui font le même constat. Il est probable que la famine ait effectivement sévi dans certaines régions. Toutefois, les observations de Greene indiquent qu'il ne s'agissait pas d'un phénomène national d'une ampleur apocalyptique, comme le suggèrent Jasper Becker et d'autres. La famine n'était pas généralisée dans les régions qu'il a traversées, même si elle a pu sévir ailleurs. Pourquoi croit-on si facilement les récits de personnes comme Becker, alors que ceux de Felix Greene et des autres qu'il cite sont écartés ? Certes, la sympathie de Greene pour le régime de Mao peut être évoquée à ce sujet, et l'on pourrait suggérer qu'il a déformé la vérité pour des raisons politiques. Mais Becker, MacFarquhar et Jung Chang ont également leurs propres points de vue sur la question. Peut-on sérieusement douter que ces auteurs ne soient pas des anticommunistes convaincus ?
Avant d'aborder la question de l'authentification des sources, il convient de contextualiser cette discussion. Le communisme est un mouvement qui suscite une opposition massive. Les pays occidentaux ont mené une intense guerre de propagande contre le communisme. Au pouvoir, les gouvernements communistes ont dépossédé un grand nombre de personnes de leurs biens et de leurs terres. Toute la classe des propriétaires fonciers et des commerçants a été dépossédée de son pouvoir et de son statut social dans une grande partie de l'Asie et de l'Europe. Sans surprise, cela a engendré une profonde amertume. Un grand nombre de personnes instruites, nées dans ces pays, avaient et ont encore la motivation de discréditer le communisme. Il n'est pas question de paranoïa d'exiger de ceux qui écrivent sur l'époque communiste qu'ils veillent scrupuleusement à ce que leurs sources rapportent des faits et ne fournissent pas de témoignages déformés ou biaisés par des préjugés anticommunistes.

Concernant le contexte dans lequel Roderick MacFarquhar a rédigé (et « a été autorisé à rédiger ») son « analyse » de la Chine, on peut lire dans The China Quarterly, 238, juin 2019, pp. 291–308, « In Memoriam Roderick Lemonde MacFarquhar, 1930–2019 »  un texte extrêmement élogieux à son égard :

De 1955 à 1961, Rod travailla comme journaliste au Daily Telegraph à Londres, où il suivait l'actualité chinoise dans le cadre de ses reportages. Sous la direction de David Floyd, observateur expérimenté de l'Union soviétique, il couvrit le XXe Congrès du PCUS et ses implications pour la Chine, une première mission qui lui serait précieuse lorsqu'il déciderait, quelques années plus tard, d'entreprendre une étude approfondie des origines de la Révolution culturelle chinoise. Début 1959, à 28 ans, Rod fut invité par Walter Laqueur à lancer The China Quarterly. Laqueur était rédacteur en chef de Soviet Survey, une revue créée par le Congrès pour la liberté de la culture, une union d'intellectuels occidentaux de la Guerre froide visant à contrer l'influence idéologique de l'Union soviétique. Rod avait contribué à un numéro spécial de Soviet Survey consacré à la campagne des Cent Fleurs en Chine. Très impressionné par cet article, Laqueur, convaincu que la Chine communiste méritait sa propre revue, proposa à Rod d'en être le rédacteur en chef fondateur.
Rod saisit cette nouvelle opportunité avec enthousiasme. En vue de la parution du premier numéro en 1960, il rencontra d'éminents spécialistes de la Chine en Europe et aux États-Unis afin de se documenter et de solliciter des manuscrits. À l'époque, cependant, très peu de spécialistes pouvaient se prévaloir d'une connaissance approfondie des événements postérieurs à 1949. Encore moins nombreux étaient ceux qui rédigeaient des articles de recherche publiables dans une revue académique. Pour ce numéro inaugural, Rod fit appel à plusieurs anciens et actuels fonctionnaires du gouvernement, bien informés sur la situation, afin qu'ils rédigent de brefs aperçus des dix premières années de la République populaire de Chine. L'article principal était signé par Howard Boorman, qui avait été diplomate américain à Pékin de 1947 à 1950.

Thanasis Spanidis. se rend-il compte qu'en tentant de prouver ses idées préconçues sur la construction du socialisme en Chine, il se fonde en réalité sur « de témoignages déformés ou biaisés par des préjugés anticommunistes. » ?
En élevant ses analyses à un tel point, avec tant de références (invérifiables), il « suggère » des conclusions comme irréfutables. Lorsque ces conclusions sont ensuite présentées comme la «
ligne officielle du partie», c'est à des membres qui, eux-mêmes, n'ont probablement pas étudié les faits historiques au préalable et qui trouvent une réponse à chaque objection. impossible d'évaluer la précision de cette analyse. Cette méthode consistant à submerger le lecteur de références invérifiables est une méthode que Thanasis Spanidis a copiée d'un anticommuniste comme Roderick Lemonde MacFarquhar. Elle conduit à des positions similaires concernant le « Grand Bond en avant » et la Révolution culturelle prolétarienne
Plusieurs ouvrages, dont Thanasis Spanidis citait abondamment et qui lui fournissaient les « preuves » ou les « arguments » de ses positions antérieures, remplissaient ainsi leur rôle de «
contrecarrer l’influence idéologique du communisme »… :

MacFarquhar, Roderick. 1966. Chinese Ambitions and British Policy. London: Fabian Society.
MacFarquhar, Roderick 1974. The Origins of the Cultural Revolution: Contradictions among the People, 1956–1957. Oxford: Royal Institute of International Affairs and New York: Research Institute on Communist Affairs of Columbia University.
MacFarquhar, Roderick 1983. The Origins of the Cultural Revolution: The Great Leap Forward, 1958–1960. Oxford: Royal Institute of International Affairs and New York: Research Institute on Communist Affairs of Columbia University.
MacFarquhar, Roderick 1997. The Origins of the Cultural Revolution: The Coming of the Cataclysm, 1961–1966. Oxford: Royal Institute of International Affairs and New York: Studies of the East Asian Institute, Columbia University Press.
MacFarquhar, Roderick, with G.F. Hudson and Richard Lowenthal. 1961. The Sino-Soviet Dispute.
New York: Praeger.MacFarquhar, Roderick and Michael Schoenhals. 2006. Mao’s Last Revolution. Cambridge, MA: Belknap Press of Harvard University Press. Edited and Compiled Volumes
MacFarquhar, Roderick (ed.). 1960. The Hundred Flowers Campaign and the Chinese Intellectuals. New York: Praeger.
MacFarquhar, Roderick and Timothy Cheek, Eugene Wu (eds.). 1989. The Secret Speeches of Chairman Mao: From the Hundred Flowers to the Great Leap Forward. Cambridge, MA: Harvard University Press.

Ainsi, Thanadis Spanidis « prouve » plusieurs de ses positions préétablies (par exemple concernant Mao) grâce à des « preuves » tirées des travaux de MacFarquhar. Ce dernier fut recruté par le « Congrès pour la liberté de la culture, une union d'intellectuels occidentaux créée pendant la Guerre froide pour contrer l'influence idéologique de l'Union soviétique, » car il était apparemment l'homme idéal pour contrer « l'influence idéologique de la République populaire de Chine » (de 1959 à 1966).
Il me semble qu'il s'agit d'un choix
délibéré, car Thanadis Spanidis ne mentionne nulle part, par exemple, William Hinton ou Han Suyin, pourtant témoins privilégiés ayant vécu dans la Chine des années 1950, 1960 et 1970.
Mais, après tout, leur intervention remettrait en cause ses positions préétablies, qu'il présente comme une analyse marxiste.
Et en effet, J
oseph Ball écrit dans son article : Mao a-t-il vraiment tué des millions de personnes lors du Grand Bond enavant ?*, Monthly Review, 2006, que Thanasis Spanidis n’a apparemment pas lu ENTIÈREMENT, ou qu’il espère que les membres du parti auxquels il s’adresse ne liront pas non plus :

Interrogé par moi, MacFarquhar a déclaré :
Lorsqu’on m’a proposé de devenir le rédacteur fondateur du CQ (China Quarterly), on m’a expliqué que la mission du CCF était d’encourager les intellectuels occidentaux à former une communauté attachée au libre échange des idées. L’objectif était de contrer, par une forme d’organisation, les efforts soviétiques visant à attirer les intellectuels occidentaux au sein de diverses organisations écrans… Concernant le financement, on m’a seulement indiqué que le CCF était soutenu par un large éventail de fondations, notamment Ford, sans me révéler que, parmi celles-ci, la Fondation Farfield servait de façade à la CIA. (..)
…. MacFarquhar, qui travaillait pour des périodiques liés au CCF, est également impliqué. Il est aussi allégué que d'autres magazines recevaient des financements provenant plus généralement de la CIA. Par exemple, Victor Marchetti, ancien officier d'état-major au sein du Bureau du directeur de la CIA, a écrit que la CIA avait créé la Fondation Asie et la subventionnait à hauteur de 8 millions de dollars par an afin de soutenir le travail d'« universitaires anticommunistes dans divers pays asiatiques, dans le but de diffuser à travers l'Asie une vision négative de la Chine continentale, du Nord-Vietnam et de la Corée du Nord »13.

Thanasis Spanidis lit-il ces textes avec des œillères dogmatiques, ne cherchant que des citations pouvant servir de « preuve » à ses positions préconçues ?
Ou bien fait-il partie d’« un grand nombre de personnes instruites, nées dans ces pays, avaient et ont encore la motivation de discréditer le communisme. Il n'est pas question de paranoïa d'exiger de ceux qui écrivent sur l'époque communiste qu'ils veillent scrupuleusement à ce que leurs sources rapportent des faits et ne fournissent pas de témoignages déformés ou biaisés par des préjugés anticommunistes. »

- Le dogmatisme de Thanasis Spanidis relève-t-il de la « paresse intellectuelle », ou sélectionne-t-il CONSCIEMMENT les informations de la référence qui PROUVENT ses positions, tout en OMETTANT CONSCIEMMENT de citer dans cette même référence ce qui pourrait les CONTREDIRE ?

Sa subjectivité transparaît également dans sa manière d'étudier (ou plutôt de ne pas étudier correctement) la source lorsqu'il écrit en note de bas de page : « … es chiffres de 30 millions de morts ou plus dus à la famine, souvent cités par les historiens anticommunistes, sont dénués de tout fondement et reposent très probablement sur des erreurs statistiques. Les observateurs de l’époque, y compris la CIA, n’ont pas évoqué une famine d’une telle ampleur vers 1961. Voir Gao 2018, p.170-189... »
Dans "
Constructing China - Clashing Views of the People’s Republic (Construire la Chine - Visions divergentes de la République populaire) (de Mobo Gao, 2018), on peut lire que l'« anticommunisme » ne se manifeste pas tant par l'exagération du nombre de « millions de morts de faim », mais plutôt par le fait d'EN PARLER et de désigner Mao comme principal responsable. Il y avait la faim, il y avait une grave malnutrition, mais PAS de « millions de morts de faim ». Par ailleurs, Mobo Gao fournit également une explication aux prétendues « erreurs statistiques »… Ce faisant, il démontre que SI des erreurs se sont produites lors du Grand Bond en avant, ce n'est PRÉCISÉMENT PAS la faute de Mao… (nous y reviendrons). Par exemple, Mobo Gao affirme :

Snow, qui a popularisé Mao dans son ouvrage « L'Étoile rouge sur la Chine » (1937), pourrait être considéré comme un témoin partial et un rapporteur objectif dans cette affaire. Cependant, « d'une manière générale, il apparaît que les signes de faim et de misère n'ont pas atteint le niveau de preuves qualitatives d'une famine de masse, contrairement à ce qui a été observé lors d'autres famines d'une ampleur comparable, voire égale, y compris les famines antérieures en Chine » (Riskin 1998 : 120). Dans son rapport secret de 1961 sur la situation rurale en Chine, la CIA ne semble pas non plus corroborer les affirmations les plus alarmistes, puisqu'elle résume ainsi : « Une famine généralisée ne semble pas imminente, mais dans de nombreuses provinces, une grande partie de la population souffre d'une alimentation de subsistance minimale et les souffrances les plus intenses se situent juste avant juin, date des premières récoltes de 1961 » (CIA 1961 : 3). Il est également intéressant d'observer comment la CIA interprète les causes et le déroulement du Grand Bond en avant : « Suite à deux années consécutives de mauvaises récoltes, au retrait des techniciens soviétiques et aux perturbations engendrées par le “Grand Bond en avant”, les dirigeants du pays ont été contraints de ralentir drastiquement le rythme du programme de développement économique national » (CIA 1961 : 1).
Bien entendu, il ne faut pas, et il ne faut pas, considérer la CIA comme un témoin fiable. Mais on pourrait s'attendre à ce qu'elle dise le pire de la Chine, puisque le Grand Bond en avant s'est produit en pleine guerre froide, période durant laquelle la CIA était étroitement impliquée. Le résumé de la CIA est remarquable à plusieurs égards. Premièrement, il mentionne le retrait soviétique comme l'une des raisons du ralentissement de l'économie chinoise, tel qu'affirmé par le gouvernement chinois. Deuxièmement, le rapport admet ne pas avoir constaté de famine généralisée lors de sa rédaction en avril 1961. Enfin, il évoque de « mauvaises récoltes » et des « déplacements de population » – ces derniers étant précisément l’explication avancée par Sun Jingxian pour les incohérences démographiques relevées dans le recensement de 1983. Pourtant, 30 millions de personnes seraient mortes de faim « sans que personne ne sache à l’époque qu’une famine sévissait » (Patnaik 2002, 2011).

Dans le même ouvrage, Thanasis Spanidis pouvait lire le passage suivant, quelque peu ironique, de Mobo Gao, qui aurait pu éveiller sa vigilance face à la tromperie :

Pour son ouvrage primé Tombstone, publié à Hong Kong en chinois (la première édition parut en 2008), Yang Jisheng a acquis une grande renommée en Occident après la parution d'une version anglaise abrégée en 2010. Préfacé par Edward Friedman, ancien membre des Concerned Asian Scholars, et Roderick MacFarquhar, sinologue de renom, l'ouvrage a été salué pour le courage de Yang dans son enquête sur Grand Bond en Avant.(GBA) (…)
Yang Jisheng était un communiste convaincu, sans quoi il ne serait pas devenu un journaliste de haut rang du PCC. Qu'est-ce qui a fait de lui un fervent défenseur de « l'intégrité journalistique », comme il le revendiquait à la fin de sa vie, lorsqu'il écrivait sur la « vérité » concernant le GBA ? Yang explique avoir commencé à critiquer le régime du PCC pendant la Révolution Culturelle, lorsque de grandes affiches ont dénoncé les privilèges des responsables du parti (Yang 2008 : 11). Il a alors entrepris un examen critique du GBA – lié au fait que son père était mort de faim – alors qu'auparavant, il défendait la politique du GBA.
Prenons un peu de recul. Admettons que le père de Yang soit effectivement mort de faim. Mais Yang connaissait-il d'autres personnes, outre son père, décédées de faim dans son village natal à cette époque ? A-t-il été témoin d'autres décès ou de charniers ? Dans mon étude sur le village, je décris la faim qui rongeait ma famille et moi, mais aucun décès n'est dû à la famine. Si le chiffre de 30 millions de morts de famine était exact, un Chinois sur 20 serait mort de faim à cette époque ; une famine de cette ampleur aurait forcément laissé des traces matérielles. Yang Jisheng (2008 : 15) mentionne que Felix Greene, dans son ouvrage Curtain of Ignorance (Le Rideau de l'ignorance) (1964), et Edgar Snow n'ont pas rapporté avoir vu de signes de famine de masse car ils auraient été trompés par les Chinois.

Thanasis Spanidis recourt à la métaphysique et au dogmatisme dans son analyse de la construction du socialisme en Chine.

Ainsi, Thanasis Spanidis tente de trouver des preuves, des confirmations et des arguments (ici, donc, avec l'anticommuniste Roderick MacFarquhar, voir notes de bas de page) pour un certain nombre de positions qu'il a adoptées d'avance :

La conception de Mao du socialisme repose fondamentalement sur une économie planifiée, dans laquelle l'État se contente de fixer les paramètres généraux des entreprises, mais où celles-ci jouissent d'une large autonomie, où la distribution par le marché joue un rôle considérable et où les tendances capitalistes sont tolérées pendant de longues périodes. Le fait qu'il ait défendu ce concept non seulement pour la Chine, compte tenu de son retard, mais aussi pour l'Union soviétique, économiquement beaucoup plus développée, et qu'il ait prôné la régression en Union soviétique pour renforcer l'économie de marché et l'économie marchande, démontre qu'il s'agit là d'une vision fondamentale de Mao. Les déclarations suivantes en témoignent également :
« Nombreux sont ceux qui s'inquiètent de la voie vers le communisme lorsqu'il est question de production marchande, car ils la considèrent comme capitaliste. Ils ne voient pas la différence essentielle entre les marchandises capitalistes et socialistes. (...) Je pense que durant la période de construction du socialisme, une fois les communes populaires établies, la production et les échanges marchands devront se développer de plus en plus. » 14Il ne faut pas confondre la production marchande avec le capitalisme. Pourquoi craindre les marchandises, si ce n'est par peur du capitalisme ? (...) N'ayez crainte : je pense qu'il faut considérablement étendre la production marchande (...). La production marchande dépend du type d'économie auquel elle est associée. Les marchandises associées au capitalisme favorisent le capitalisme, mais associées au socialisme, elles favorisent non le capitalisme, mais le socialisme. La production marchande existe depuis l'Antiquité 15. Nous ne devons pas exproprier les villages. Autoriser les communes à gérer des industries est plus audacieux que Staline. Cela mènera-t-il au capitalisme ? Non. Car il y a le pouvoir politique, (...) le parti, les comités régionaux (du parti) et les centaines de milliers de membres du parti 16.
Mao souhaite laisser intacte la propriété fragmentée des villages ; la propriété commune ne doit être établie qu'au sein du village. Il refuse de reconnaître le danger évident que la production marchande entraîne une restauration capitaliste, citant le Parti comme responsable. Cependant, il ignore qu'une économie socialiste insuffisamment développée ou une expansion de la production marchande affectent également le niveau de conscience des membres du Parti.
Tout comme Deng Xiaoping et les réformateurs capitalistes du Parti communiste chinois l'ont fait plus tard, Mao croyait que les biens et le marché n'avaient rien à voir avec le capitalisme, mais qu'il existait aussi une « production marchande socialiste ». Il ne considérait pas la production marchande sous le socialisme comme une relique du capitalisme appelée à disparaître avec le développement du mode de production socialiste, mais comme une forme neutre de distribution des biens, susceptible d'être étendue sans hésitation sous le socialisme, renforçant ainsi le socialisme au lieu de l'affaiblir. L'argument selon lequel les marchés et la production marchande existent depuis des millénaires est également répandu au sein du Parti communiste chinois actuel. Cet argument ignore l'idée marxiste fondamentale selon laquelle les biens ne prennent le caractère de marchandises que dans des conditions sociales très spécifiques, à savoir uniquement lorsque les producteurs produisent séparément les uns des autres et doivent donc socialiser leur travail par l'échange. Le socialisme, au contraire, établit la socialité du travail des individus non pas indirectement par l’échange, mais directement par le plan central. La position de Mao repose manifestement sur le fait qu'il n'a jamais compris les lois économiques du socialisme . Lorsqu'il parle néanmoins de la maîtrise de la production marchande, qui ne sera possible que dans un avenir lointain, dans des conditions d'abondance absolue 17, cela ressemble davantage à des paroles en l'air. Parallèlement, il admet volontiers ne pas être du tout convaincu de la socialisation complète de la production sous le socialisme : « Je crains qu'une partie au moins (!) (de la production marchande) ne puisse être abolie 18. » « La centralisation est nécessaire, surtout dans la sidérurgie et les machines (...). Les plans ne peuvent être parfaitement précis ; il est impossible de tout prévoir à l'avance.19 »
Mao ne comprend donc pas vraiment que les produits du travail ne deviennent des marchandises que dans des conditions sociales très spécifiques, à savoir lorsque les producteurs individuels produisent indépendamment les uns des autres et doivent donc échanger leurs produits entre eux. Dans une société de propriété sociale globale – le socialisme/communisme –, l'échange de biens est même impossible, puisque les produits sont déjà la propriété commune de la société tout entière, et que la seule question réside dans la répartition des biens de consommation entre les individus. Cependant, les biens n'ont alors plus de double caractère (une valeur d'échange sur le marché et une valeur d'usage déterminant leur utilité pour les humains), mais sont simplement des valeurs d'usage, c'est-à-dire des biens socialement utiles.
Mao, quant à lui, affirme : « Le Capital de Marx a commencé par l'analyse de la nature duale des marchandises. Nos marchandises ont elles aussi une nature duale. Dans cent ans, les marchandises auront encore une nature duale. Ce qui n'est pas une marchandise a aussi un caractère dual 20. » Mao affirme ainsi que le caractère marchand historiquement spécifique des produits du travail est une détermination générale, suprahistorique et métaphysique. De même que toute chose a une nature duale, les marchandises aussi. Puisque Mao tend à comprendre les contradictions comme une oscillation perpétuelle entre deux pôles et ne voit pas que la contradiction tend à s'annuler, pour lui, le dépassement de la production marchande n'est plus un objectif constant du socialisme.
Les opinions de Thanasis Spanidiis sur Mao sont toutes « confirmées » et/ou « prouvées » ici (voir notes de bas de page) par des citations attribuées à Mao, que Thanasis Spanidis prétende provenir des « Discours secrets de Mao ». Le CHOIX de ces citations, cependant, a été fait à l'avance et non par Thanasis Spanidis lui-même … mais par MacFarquhar, Roderick/Cheek, Timothy/Wu, Eugene (éd.) en 1989. Dans l'ouvrage de 1989, « Des Cent Fleurs au Grand Bond en avant », ou ils citent les « Discours secrets du président Mao » comme leurs « sources ». Mais ces « discours secrets » sont eux-mêmes introuvables, et leur contexte demeure un secret bien gardé.
Stuart Schram était un collaborateur de Rod MacFarquhar et a dû traduire tous les écrits de Mao. Dans ses ouvrages, Schram ne fait aucune mention de ces prétendus « Discours secrets ». Peut-être ces « nouvelles références » figuraient-elles dans les documents « publiés » APRÈS la troisième session du 11e Congrès chinois en 1978. .
Comme on peut le lire dans « In Memoriam Roderick Lemonde MacFarquhar, 1930–2019 » (Extrait de The China Quarterly, 238, juin 2019):
Peu après son arrivée à Cambridge, Rod prit la direction du Fairbank Center for East Asian Research, principal centre de recherche de Harvard sur la Chine moderne. Pendant les six années suivantes, de 1986 à 1992, il s'investit pleinement dans cette mission administrative avec une énergie et une initiative exceptionnelles, menant un programme de développement qui aboutit à la création de plusieurs nouveaux postes de professeurs en études chinoises et sciences sociales. (...) Une équipe, sous la supervision de Stuart Schram, ancien collègue de Rod à la SOAS et politologue, entreprit la traduction définitive en plusieurs volumes des écrits révolutionnaires de Mao Zedong. (…)
L'un des principaux défis rencontrés lors de la rédaction de la trilogie fut le nombre sans cesse croissant de documents primaires. Alors même qu'il relisait les épreuves du premier volume, deux volumes importants des écrits de Mao sur la Révolution culturelle furent rendus publics.
À la suite de la troisième session plénière du XIe Comité central en décembre 1978, de nouveaux documents « internes » furent mis à sa disposition au moment même où il finalisait le projet du deuxième volume. Le problème de la prolifération des sources était encore plus aigu lors de la préparation du troisième volume. Une mine de nouveaux mémoires a enrichi le récit, obligeant Rod à revoir (défavorablement) son point de vue sur Mao…

De même, Thanasis Spanidis n'a apparemment pas lu Mobo Gao (dans Construire la Chine - Points de vue divergents de la République populaire, dont il ne cite qu'une seule phrase – voir ci-dessus), ou bien il espère que le Comité central ou les membres du parti censés juger l'analyse comme étant la « ligne du parti » ne liront pas eux-mêmes ce livre :

Mon objectif est de renforcer deux arguments : (1) la construction post-maoïste de la République communiste et du Grand Bond en Avant (GBA) en particulier, et de l’ère maoïste en général, est toujours sélective dans le choix des informations et des données à inclure ou à exclure ; et (2) le cadre conceptuel adopté par les producteurs de savoir détermine leur sélection. La conception anticommuniste exclut d’office toute information ou donnée présentant la République communiste sous un jour positif, tandis que la conception néolibérale rationaliste occulte le contexte historique de l’industrie de la Troisième Ligne. Une telle conception conduit à penser que cette industrie a gaspillé des ressources qui auraient pu être bien mieux utilisées pour développer des industries légères de biens de consommation améliorant les conditions de vie du peuple chinois, ou encore qu’il aurait été plus judicieux d’investir ces ressources dans les zones de premier rang de la côte sud-est.
Avec le recul, les deux conceptualisations – anticommuniste et rationaliste économique néolibérale – amèneront à conclure que Mao n’était pas seulement un mauvais économiste, mais aussi un fou paranoïaque, belliqueux et avide de pouvoir qui ne se souciait pas de la vie humaine, comme le prétendent Chang et Halliday (2005) et Dikötter (2010).

Thanasis Spanidis fonde en effet son jugement sur la vision de Mao concernant une économie planifiée sur un « anticommunisme et rationalisme économique néolibéral » tel que MacFarquhar :

« La conception de Mao du socialisme repose fondamentalement sur une économie planifiée, dans laquelle l'État se contente de fixer les paramètres généraux des entreprises, mais où celles-ci jouissent d'une large autonomie, où la distribution par le marché joue un rôle considérable et où les tendances capitalistes sont tolérées pendant de longues périodes. Le fait qu'il ait défendu ce concept non seulement pour la Chine, compte tenu de son retard, mais aussi pour l'Union soviétique, économiquement beaucoup plus développée, et qu'il ait prôné la régression en Union soviétique pour renforcer l'économie de marché et l'économie marchande, démontre qu'il s'agit là d'une vision fondamentale de Mao. »

On peut lire les écrits de Mao lui-même sur la vision de l'économie planifiée en Discussionsur le troisième plan quinquennal :

Auparavant, la méthode de planification, héritée de l'Union soviétique, était relativement simple à mettre en œuvre. On déterminait d'abord les besoins en acier, puis, sur cette base, on estimait les besoins en charbon, en électricité, en transport, etc. Enfin, à partir de ces estimations, on évaluait l'augmentation prévue de la population urbaine et les retombées économiques. C'est ainsi qu'on utilisait le calculateur. Une fois la production d'acier réduite, tous les autres besoins étaient automatiquement réduits. Ce type de méthode est impraticable et irréalisable. Ce genre de calcul ne tient pas compte des aléas climatiques. Imaginons une catastrophe naturelle qui vienne perturber nos réserves de céréales : l’aide aux populations urbaines ne pourra pas être augmentée comme prévu, et tout le reste sera réduit à néant. De plus, il est impossible d’anticiper les conséquences d’une guerre. Nous ne sommes pas le chef d’état-major des États-Unis et ignorons quand une attaque pourrait avoir lieu. Par ailleurs, les révolutions dans différents pays ne peuvent être intégrées au plan. Supposons que, dans certains pays, les révolutions populaires aient abouti et que ces populations aient besoin de notre aide économique. Comment le prévoir ?
Il est nécessaire de changer de méthode de planification. C'est une révolution. Après avoir appris la méthode soviétique, elle est devenue une habitude profondément ancrée et il semble difficile de s'en défaire.
Ces dernières années, nous avons tâtonné et trouvé une autre méthode. Notre politique consiste à prendre l'agriculture comme fondement et l'industrie comme facteur clé. Conformément à cette politique, lorsque nous élaborons un plan, nous déterminons d'abord la quantité de céréales pouvant être produite, puis nous estimons les besoins en engrais, pesticides, machines, fer, acier , etc.
Comment planifier une récolte annuelle ? On partira du principe qu’en cinq ans, il y aura une bonne récolte, deux récoltes moyennes et deux mauvaises récoltes. Cette approche est plus pratique et plus fiable. Il convient d’abord de déterminer les quantités de céréales, de coton et d’autres cultures vivrières pouvant être produites dans ces conditions, puis d’adapter la production industrielle en conséquence. Si la récolte est meilleure, tant mieux .
De plus, nous devons envisager la guerre et élaborer des plans stratégiques. Les comités du parti dans les différentes localités ne doivent pas se contenter de gérer les affaires civiles en négligeant les questions militaires, ni gérer les finances en négligeant les armes. Tant que l'impérialisme existera, le risque de guerre sera toujours présent. Nous devons renforcer notre arrière stratégique… Cela ne signifie pas pour autant que nous devons cesser de nous soucier du littoral, qui doit lui aussi être bien protégé afin de pouvoir contribuer à la construction de nouvelles bases.
Deux poings et un arrière-train. L'agriculture est un poing, la défense nationale l'autre. Pour que le poing soit fort, l'arrière-train doit être solidement ancré. L'arrière-train, c'est l'industrie de base.
Actuellement, le principal problème de l'industrie de base réside dans la variété et la qualité des produits, un problème qu'il convient de résoudre . L'année dernière, bien que la production d'acier ait diminué, elle était plus diversifiée et de meilleure qualité, offrant ainsi davantage d'usages qu'auparavant. La clé ne réside pas dans la quantité produite. L'Union soviétique érige la quantité en critère. Si elle ne parvient pas à atteindre son objectif de production d'acier, son projet socialiste global semble voué à l'échec . Elle n'a cessé de relever cet objectif chaque année, se livrant à des vantardises vaines. En réalité, un État ne s'effondre pas simplement parce qu'un objectif de production n'est pas atteint. À quantité de production égale, la diversité augmente, renforçant ainsi les fondements de l'État.
En agriculture, nous devons avant tout miser sur l'esprit de Ta-chai et l'autonomie. Cela ne signifie pas pour autant qu'elle se passe du soutien de l'industrie. La gestion de l'eau, les engrais chimiques et les pesticides nécessitent tous l'appui de l'industrie de base.
Nous devons tenir compte du rapport objectif des proportions lors de l'élaboration de tout plan.
La planification ne doit pas se limiter à des additions, des soustractions, des multiplications et des divisions. Une fois les calculs terminés, tous les services et toutes les localités se disputeront des sommes colossales, du personnel et de l'argent, et s'engageront dans des procédures judiciaires. Il nous faut laisser la politique guider nos choix, adopter une vision d'ensemble et élaborer un plan non pas en fonction des désirs d'une localité particulière, mais en accord avec les lois qui régissent objectivement l'existence des choses elles-mêmes.

- Thanasis Spanidis défend les mêmes positions sur Mao que celles du PCC en 1981 dans la résolution de la 6e session du 11e Congrès : « Parallèlement : volontarisme d’extrême gauche et conception ascétique du socialisme ».

Thanasis Spanisia écrit :

Bien que Mao ne considérât pas le développement économique global de la Chine prêt à être organisé dans le cadre d'une planification strictement centralisée, il semblait croire que les principes communistes de redistribution pouvaient déjà être mis en œuvre dans les communes populaires – même s'il insistait lui-même à plusieurs reprises sur l'abondance matérielle comme condition préalable au communisme. Le Comité central du Parti communiste chinois proclamait en 1958 : « La réalisation du communisme en Chine ne semble plus être une question d'avenir lointain. Nous devons activement utiliser la forme des communes populaires pour expérimenter une voie concrète vers le communisme 21. » Mao lui-même déclarait : « Trois années de lutte acharnée, puis douze autres années, quinze ans, c'est le temps qu'il faut pour passer au communisme… La province du Henan parle de quatre ans. C'est peut-être un peu court. Doublons, donc huit ans 22. »
Cette contradiction flagrante – l’économie nationale dans son ensemble s’était développée selon des directives de planification très générales et, dans les faits, était largement régulée par le marché, tandis que le communisme était déjà mis en œuvre localement – exprimait une conception utopique du socialisme qui rejetait les méthodes du matérialisme historique. Mao ne cachait pas ses emprunts au socialisme utopique : « Nous devrions mettre en œuvre certains idéaux du socialisme utopique. La vie des puritains protestants était très dure.23 »
Le communisme exige toutefois un haut niveau de développement des forces productives, ce qui n'était certainement pas le cas en Chine dans les années 1950 et 1960 – au moment de la révolution de 1949, la Chine était considérée comme l'un des pays les plus pauvres du monde . Sans une industrie, des transports et des systèmes de communication à grande échelle et performants, une planification globale de l'économie nationale s'avère difficile – bien que, comme nous l'avons vu précédemment, le Parti communiste chinois se soit peu consacré à une telle planification, l'idéologie dominante étant celle d'un socialisme décentralisé dont les communes populaires constituaient les unités de base. Dans la vision du monde de Mao et de la majorité des dirigeants du Parti, les conditions matérielles nécessaires au communisme devaient être réunies très rapidement grâce à un effort de force colossal, c'est-à-dire grâce à la volonté collective du peuple. Cette orientation volontariste (c’est-à-dire fondée sur la volonté subjective et ignorant les conditions objectives) s’est exprimée dans la politique des « trois bannières rouges » : 1) la « ligne générale de construction socialiste » avec le développement simultané de l’industrie et de l’agriculture, 2) le « Grand Bond en avant » et 3) la création des communes populaires .
Ce volontarisme était systématique et s'exprime à maintes reprises dans les déclarations de Mao concernant le rapport entre la volonté subjective et la transformation de la réalité objective : « Sous la direction du Parti communiste, tant qu'il y aura des hommes, tous les miracles sur terre pourront être accomplis 24. »… Ici, Mao insiste unilatéralement sur la volonté et la discipline de l'individu, mais non sur les conditions objectives ; par conséquent, ce passage ne peut être interprété qu'en définitive comme une justification du volontarisme qu'il prônait généralement. (…) La conception marxiste s'oppose frontalement au volontarisme…

La « vision de Mao » est présentée par des citations choisies, à commencer par une citation censée provenir du Comité central en 1958. Cette citation avait déjà été « choisie » pour Thanasis Spanidis en 2008 par un certain Felix Wemheuer. Aucun contexte n'est fourni, comme on pouvait s'y attendre de la part de Thanasis Spanidis… mais en 1958, Mao fut fréquemment contredit par une majorité au sein du Comité central, « menée » par Liu Chaochi . Voilà donc un contexte possible et alors PAS une vision of Mao mais peut-être … de Liu Chaochi.
La deuxième note et troisième note de bas de page renvoient à des citations de Mao – naturellement hors contexte et avec l'anticommuniste
MacFarquhar comme « source ».
La
quatrième note de bas de page cite un extrait du texte de Mao Tsé-toung de 1949 : La faillite de la conception idéaliste de l'histoire*, Œuvres choisies, tome IV  pour prouver ce « volontarisme systématique ».
Il devient alors très difficile de percevoir l'absence de pratique consciente dans le dogmatisme employé ici par T. Car c'est
par une recherche véritablement consciente (sélection subjective) que… et l'isolement délibéré d'une citation hors de son contexte, permettant à Thanasis de l'utiliser comme « preuve ».
La citation fournie par T était la réponse de Mao à la pensée malthusienne d'Acheson.
L'ensemble du texte de Mao porte sur le fait que, dans la mesure où le Parti communiste parvient à « armer » le peuple de l'idéologie marxiste-léniniste, du matérialisme historique, il est capable de mener la révolution et de construire le socialisme :

Acheson, porte-parole de la bourgeoisie américaine, non seulement parce qu'il a explicitement avoué que les États-Unis ont fourni l'argent et les armes et Tchang Kaï-chek les hommes pour combattre à leur place et massacrer le peuple chinois, mais aussi parce qu'il a ainsi fourni aux progressistes chinois des arguments pour convaincre les éléments rétrogrades… (…), déclare :
« La population chinoise a doublé aux XVIIIe et XIXe siècles, exerçant une pression insoutenable sur les terres. Le premier problème auquel chaque gouvernement chinois a dû faire face est celui de nourrir cette population. Jusqu'à présent, aucun n'y est parvenu. Le Kuomintang a tenté de le résoudre en inscrivant de nombreuses lois de réforme agraire dans le recueil des lois. Certaines de ces lois ont échoué, d'autres ont été ignorées. La situation difficile dans laquelle se trouve aujourd'hui le gouvernement national est en grande partie due à son incapacité à nourrir suffisamment la Chine.
Une grande partie de la propagande des communistes chinois consiste en des promesses de résolution du problème agraire.
Pour les Chinois qui ne raisonnent pas clairement, ce qui précède semble… C’est plausible. Trop de bouches, pas assez de nourriture, d’où la révolution. Le Kuomintang n’a pas réussi à résoudre ce problème et il est peu probable que le Parti communiste y parvienne non plus. « Jusqu’à présent, aucun n’y est parvenu. » (….)
Le fait que la Chine ait une population nombreuse est une excellente chose. Même si sa population se multiplie considérablement, elle est parfaitement capable de trouver une solution : la production. L’argument absurde des économistes bourgeois occidentaux, comme Malthus25, selon lequel l’augmentation de la production alimentaire ne peut suivre le rythme de la croissance démographique, a non seulement été réfuté de manière exhaustive par les marxistes depuis longtemps, mais aussi complètement anéanti par les réalités de l’Union soviétique et des zones libérées de Chine après leurs révolutions. Partant du principe que la révolution, conjuguée à la production, peut résoudre le problème de l’alimentation de la population, le Comité central du Parti communiste chinois a ordonné aux organisations du Parti et à l’Armée populaire de libération, dans tout le pays, de ne pas licencier mais de conserver tous les anciens membres du Kuomintang, à condition qu’ils soient utiles et ne soient ni des réactionnaires avérés ni des criminels notoires. Dans les zones les plus difficiles, la nourriture et le logement seront partagés. Ceux qui ont été licenciés et qui n’ont aucun moyen de subsistance seront réintégrés et recevront un revenu. Selon le même principe, nous garderons tous les soldats du Kuomintang qui se sont révoltés et ont rejoint nos rangs ou qui ont été capturés. Tous les réactionnaires, à l'exception des principaux responsables, auront la possibilité de gagner leur vie, à condition qu'ils se repentent.
De toutes les choses au monde, le peuple est ce qu'il y a de plus précieux. Sous la direction du Parti communiste, tant qu'il y aura des hommes, tout miracle est possible. Nous réfutons la théorie contre-révolutionnaire d'Acheson. Nous croyons que la révolution peut tout changer et que bientôt verra le jour une Chine nouvelle, nombreuse et prospère, où la vie sera abondante et la culture florissante. Toutes les visions pessimistes sont totalement infondées. (…)
Le Parti communiste chinois « avait été organisé au début des années 1920 sous l'impulsion idéologique de la révolution russe ».
Sur ce point, Acheson a raison. Cette idéologie n'était autre que le marxisme-léninisme. Cette idéologie est infiniment supérieure à celle de la bourgeoisie occidentale, qu’Acheson qualifie de « haut degré de culture qui n’avait pas accompagné les précédentes incursions étrangères en Chine ».
La preuve irréfutable de l'efficacité de cette idéologie réside dans le fait que la culture bourgeoise occidentale, dont les Acheson peuvent se targuer comme d'une « culture de haut niveau » comparée à l'ancienne culture féodale chinoise, fut vaincue dès son entrée en contact avec la nouvelle culture marxiste-léniniste, la vision scientifique du monde et la théorie de la révolution sociale, acquises par le peuple chinois. Lors de sa première bataille, cette nouvelle culture scientifique et révolutionnaire, acquise par le peuple chinois, vainquit les seigneurs de guerre du Nord, les laquais de l'impérialisme ; lors de la seconde, elle déjoua les tentatives d'un autre laquais de l'impérialisme, Tchang Kaï-chek, d'intercepter l'Armée rouge chinoise lors de sa Longue Marche de 25 000 li26 ; lors de la troisième, elle vainquit l'impérialisme japonais et son laquais, Wang Jingwei ; et lors de la quatrième, elle mit définitivement fin à la domination de la Chine par les États-Unis et toutes les autres puissances impérialistes, ainsi qu'au règne de leurs laquais, Tchang Kaï-chek et tous les autres réactionnaires.
Si le marxisme-léninisme a joué un rôle si important en Chine depuis son introduction, c'est parce que le contexte social chinois l'exigeait, qu'il s'est trouvé intimement lié à la pratique concrète de la révolution populaire chinoise et que le peuple chinois l'a pleinement intégré. Toute idéologie – même la meilleure, y compris le marxisme-léninisme lui-même – est inefficace si elle n'est pas ancrée dans les réalités objectives, si elle ne répond pas à des besoins objectivement existants et si elle n'est pas comprise par les masses populaires. Nous sommes des matérialistes historiques, opposés à l'idéalisme historique.
Curieusement, « la doctrine et la pratique soviétiques ont eu un impact mesurable sur la pensée et les principes du Dr Sun Yat-sen, notamment en matière d'économie et d'organisation du Parti ». Quel fut l'effet produit sur le Dr Sun par le « haut niveau de culture » occidental dont Acheson et ses semblables sont si fiers ? Acheson ne le précise pas.
Est-ce un hasard si le Dr Sun, qui a consacré la plus grande partie de sa vie à chercher dans la culture bourgeoise occidentale la vérité qui sauverait la nation, a finalement été déçu et s'est tourné vers « l'enseignement de la Russie » ? Évidemment non. Bien sûr, ce n'est pas un hasard si le Dr Sun et le peuple chinois qu'il représentait, longtemps opprimé, étaient exaspérés par « l'influence de l'Occident » et résolus de former une « alliance avec la Russie et le Parti communiste » afin de mener une lutte à mort contre l'impérialisme et ses laquais.
Acheson n'ose pas affirmer ici que le peuple soviétique est un agresseur impérialiste et que Sun Yat-sen a tiré des leçons d'agresseurs. Or, si Sun Yat-sen a pu tirer des leçons du peuple soviétique et que le peuple soviétique n'est pas un agresseur impérialiste, pourquoi ses successeurs, les Chinois qui lui ont succédé, ne pourraient-ils pas en faire autant ? Pourquoi les Chinois, exception faite de Sun Yat-sen, sont-ils qualifiés de « dominés par l'Union soviétique », de « cinquième colonne du Komintern » et de « laquais de l'impérialisme rouge » pour avoir assimilé la vision scientifique du monde et la théorie de la révolution sociale à travers le marxisme-léninisme, les avoir reliées aux spécificités de la Chine, avoir déclenché la guerre de libération du peuple chinois et la grande révolution populaire, et avoir fondé une république démocratique et dictatoriale ? Une telle logique peut-elle exister ailleurs dans le monde ?
Depuis qu'ils ont adopté le marxisme-léninisme, les Chinois ont cessé d'être passifs et ont pris l'initiative.

- Thanasis Spanidis NIE (s'alignant ainsi sur la petite armée d'« analystes » bourgeois et anticommunistes partageant ce point de vue) les acquis de la construction du socialisme en Chine dans les années 1960. Seule différence : au lieu de parler du « monstre » Mao, il parle de Mao, le « révisionniste et contre-révolutionnaire ».

Thanasis Spanidis écrit :

Organiser la société sur le modèle d'une armée, selon le principe du commandement et de l'exécution, sans améliorer le niveau de vie, et en se fondant uniquement sur la volonté de masses politiquement mobilisées, ne peut convenir à la défense du socialisme que dans des situations exceptionnelles comme la guerre. Cela n'a rien à voir avec l'approfondissement et l'élargissement du caractère socialiste des rapports de production. Mao confond d'ailleurs la forme d'organisation militaire avec le dépassement de la production marchande dans le cadre du socialisme. Le communisme, cependant, ne s'accomplit pas uniquement par la discipline et la volonté, même si ces éléments y contribuent, mais avant tout par l'inclusion de tous les individus et de toutes les unités de production dans la planification globale du développement économique et social. Le communisme n'est pas un socialisme ascétique et misérable, comme l'imaginent nombre de socialistes utopiques, mais correspond historiquement au stade le plus avancé du développement des forces productives, à la socialisation du travail et à la satisfaction des besoins. Toute tentative pour y parvenir par la seule force de volonté était vouée à l'échec.
Et il a échoué : la catastrophe du « Grand Bond en avant » est largement connue, même si ses effets dévastateurs sont grandement exagérés par la propagande anticommuniste afin d’imputer au socialisme la responsabilité de « millions de morts » supplémentaires 27. Il est indéniable, cependant, que le Grand Bond en avant a aggravé une famine déjà déclenchée par des catastrophes naturelles et a causé d’énormes dégâts économiques. L’exemple le plus célèbre en est l’initiative de fondre du fer et de l’acier dans des hauts fourneaux improvisés à travers les campagnes, produisant des quantités gigantesques d’acier inutilisable

« Il est indéniable, cependant, que le Grand Bond en avant a aggravé une famine déjà déclenchée par des catastrophes naturelles et a causé d’énormes dégâts économiques»

NON, avec l'expansion des communes dans le cadre du Grand Bond en avant, ils ont en réalité empêché le pire !

Citation de Han Suyin (je ne la citerai pas, bien qu'elle ait séjourné en Chine dans les années 50, 60 et 70 ; Thanasis Spanidis préfère me référer à des anticommunistes ou à des « analystes » bourgeois des années 90 et 2000) :
De
The Wind in the Tower” (« Le premier jour du monde ») Chapitre 10 « Les années d’endurance : septembre 1959 à septembre 1962 » :

L'année 1960 commença mal : un hiver rigoureux sans neige, suivi de deux cents jours de sécheresse. Le fleuve Jaune se réduisit à un mince filet d'eau ensablé. Quarante millions d'hectares de terres cultivées furent touchés. Au Shandong, les paysans durent ressemer leurs céréales à cinq reprises. Les citadins vinrent prêter main-forte, y compris les écoliers, formant de longues chaînes humaines pour acheminer l'eau jusqu'aux champs. Le Sud fut inondé, des vagues immenses submergeant les récoltes. La grêle estivale détruisit le blé au Hebei et au Henan. C'est alors que les communes firent leurs preuves. Quinze millions de personnes au Shandong semèrent des navets et des patates douces pour compenser la récolte de blé ravagée. Dix-huit millions de personnes au Henan formèrent une armée contre la sécheresse, rejointe par quatre cent mille cadres venus des villes.
Mao insista pour qu'aucun approvisionnement en céréales ou autres denrées alimentaires de base ne soit effectué auprès des régions sinistrées. Il en résulta des pénuries dans les villes et un rationnement strict. Le choléra porcin décima les populations de porcs déjà affaiblies, et le chou constitua l'aliment de base à Pékin cet hiver-là.28
Les importations de blé pour les villes commencèrent : 2,5 millions de tonnes en 1960, 5,8 millions de tonnes en 1961-1962 et 5,6 millions de tonnes en 1962-1963. Les devises étrangères nécessaires représentaient 33 à 39 % des recettes totales en devises de la Chine, alors que le déficit ne représentait que 3 à 4 % de la récolte totale. La Chine continua d'exporter du riz, à raison d'un à deux millions de tonnes, vers l'Albanie et le Nord-Vietnam.

Ceci concerne l'analyse approfondie que T et ses collaborateurs ont produite « commandée par le Comité central du Parti communiste ».
Dans un article ultérieur, j'aborderai l'analyse produite par Thanasis Spanidis, dans laquelle il s'adresse au
Mouvement communiste international.
Dès lors, on ne peut s'empêcher de penser que l'analyse diffusée par T, intitulée «
The Rule of Capital in China » (Le règne du capital en Chine), vise à ressembler, tant par son titre que par sa forme, à une « version améliorée et actualisée » de l'analyse produite en 2010 par le KKE. (The International Role of China - Le rôle international de Chine)

1„90 Jahre Kommunistische Partei Chinas - Der Osten leuchtet ROT”, https://www.dkp-rheinland-westfalen.de/index.php/politik/partei/1178-90-jahre-kommunistische-partei-chinas

2 Spanidis: Die Diskussion um den Klassencharakter der VR China. Auf https://kommunistischepartei.de/diskussion/die-diskussion-um-den-klassencharakter-der-vr-china-ausdruck-der-weltanschaulichen-krise-der-kommunistischen-weltbewegung/

3 https://kommunistischepartei.de/diskussion/die-diskussion-um-den-klassencharakter-der-vr-china-ausdruck-der-weltanschaulichen-krise-der-kommunistischen-weltbewegung/. Die Diskussion um den Klassencharakter der VR China: Ausdruck der weltanschaulichen Krise der kommunistischen Weltbewegung - 4. Dezember 2017

4 KKE (2010): Die Kommunistische Partei Chinas und ihre strategischen Gespräche mit der Sozialistischen Internationale, online: http://deold.kke.gr/news/2010news/2010-11-22-kina.html, abgerufen 23.6.2015

5Nikita Medkovitch : « La dimension financière de la guerre en Afghanistan (1979-1989) » http://afghanistan.ru/print/?id=18319.

6Steve Coll : « Anatomie d'une victoire : la guerre secrète de la CIA en Afghanistan », « Washington Post », 19 juillet 1992, http://emperors-clothes.com/docs/anatomy.htm.

7https://kommunistischepartei.de/diskussion/der-grosse-sprung-zurueck/#maostrat, 1 Introduction par Thanasis Spanidis

8Mouvement socialiste du Kazakhstan 2022 : Conflit ouvert entre l’URSS et la RPC des années 50-70, Revue communiste internationale 12/2022, en ligne : https://www.iccr.gr/en/issue_article/Open-conflict-between-the-USSR-and-the-PRC-of-the-50-70s/#A6, consulté le 28 février 2024.

9https://kommunistischepartei.de/diskussion/der-grosse-sprung-zurueck/#maostrat 29 maart 2024 Der Große Sprung Zurück - Eine marxistische Kritik an Theorie und Praxis des Maoismus

10https://kommunistischepartei.de/diskussion/der-grosse-sprung-zurueck/#maostrat 29 maart 2024 Der Große Sprung Zurück - Eine marxistische Kritik an Theorie und Praxis des Maoismus

11Ce sujet ne peut être développé ici ; il suffit donc de souligner que les chiffres de 30 millions ou plus de morts par famine, fréquemment avancés par les révisionnistes historiques anticommunistes, sont dénués de fondement factuel et reposent très probablement sur des erreurs statistiques. Les observateurs contemporains, y compris la CIA, n'ont pas évoqué de famine d'une telle ampleur vers 1961. Voir Gao 2018, p. 170-189 ; Joseph Ball : Did Mao Really Kill Millions in the Great Leap Forward?, Monthly Review, 2006, en ligne : https://mronline.org/2006/09/21/did-mao-really-kill-millions-in-the-great-leap-forward/.

12see R. MacFarquhar The Origins of the Cultural Revolution, Oxford University Press, 3 vols, 1974, 1983, 1997, J. Becker 1996 and J. Chang and J. Halliday Mao :The Unknown Story, Johnathan Cape, 2005.

13V. Marchetti, The CIA and the Cult of Intelligence, Johnathan Cape, 1974.

14Traduit de l'anglais : « Nombreux sont ceux qui, dans leur marche vers le communisme, s'inquiètent dès qu'on évoque la production marchande, car ils la considèrent comme capitaliste. Ils ignorent la différence essentielle entre les marchandises capitalistes et socialistes (…). Je pense que durant la période de construction socialiste de la Chine, une fois les communes populaires créées, la production et les échanges marchands devront se développer davantage », ibid., p. 472.

15Français : Traduit de l'anglais : « Il ne faut pas confondre la production marchande avec le capitalisme. Pourquoi craindre les marchandises si ce n'est par peur du capitalisme ? (…) N'ayez pas peur : je pense qu'il faut l'étendre considérablement. (…) La production marchande dépend du type d'économie auquel elle est liée. Les marchandises liées au capitalisme donnent naissance au capitalisme, tandis que celles liées au socialisme donnent naissance non pas au capitalisme, mais au socialisme. La production marchande existe depuis des temps anciens », ibid., p. 476.

16Traduit de l'anglais : « Nous ne devons pas exproprier les villages. Laisser les communautés gérer des industries est plus audacieux que Staline. Cela mènera-t-il au capitalisme ? Non. Car il y a le pouvoir politique qui dépend du pouvoir et des paysans moyens inférieurs, il y a le parti, il y a les comités départementaux [du parti] et des centaines de milliers de membres du parti. », ibid., p. 475.

17Ibid., p. 478.

18Traduit de l'anglais : « Je crains qu'au moins une partie [de la production marchande] ne puisse être abolie », ibid. p. 473.

19Traduit de l'anglais : « La centralisation est nécessaire principalement dans l'acier et les machines. (...) Les plans ne peuvent pas être parfaitement précis ; il est impossible de tout planifier à l'avance », ibid., p. 419f.

20Traduit de l'anglais : « Le Capital de Marx part de l'analyse de la double nature des marchandises. Nos marchandises ont elles aussi une double nature. Dans cent ans, les marchandises auront encore une double nature. Les choses qui ne sont pas des marchandises ont aussi une double nature. » ibid., p. 239.

21Comité central du Parti communiste chinois : Les communes populaires comme ponts vers le communisme (1958), dans : Felix Wemheuer 2008 (éd.) : Le maoïsme. Histoire des idées et de l’esprit révolutionnaire, Promedia Verlag, Vienne, p. 92

22Traduit de l'anglais : « Trois années de lutte acharnée, puis douze années supplémentaires, soit quinze ans pour la transition vers le communisme. (…) La province du Henan parle de quatre ans [pour la transition vers le communisme]. C'est peut-être un peu court ; il faut doubler ce délai, soit huit ans. », MacFarquhar et al. (éd.) 1989, p. 444.

23Traduit de l'anglais : « Nous devrions mettre en pratique certains idéaux du socialisme utopique. La vie des puritains protestants était très dure. », Ibid., p. 414.

24Mao Tsé-toung 1949 : La faillite de la conception idéaliste de l'histoire, Œuvres choisies Vol. IV, p. 484.

25 T. R. Malthus (1766-1834), pasteur anglican et économiste réactionnaire, écrivait dans son Essai sur la population (1798) que « la population, sans contrôle, croît de façon géométrique, tandis que les moyens de subsistance ne peuvent croître plus vite que selon une loi arithmétique ». Partant de cette hypothèse arbitraire, il concluait que la pauvreté et tous les maux de la société humaine étaient des phénomènes naturels permanents. Selon lui, les seuls moyens de résoudre le problème de la pauvreté des travailleurs étaient de raccourcir leur espérance de vie, de réduire la population ou d'enrayer sa croissance. Il considérait la famine, la peste et la guerre comme des moyens de réduire la population.

26En octobre 1934, les 1er, 3e et 5e groupes d'armées de l'Armée rouge des ouvriers et des paysans chinois (c'est-à-dire la 1re armée de front de l'Armée rouge, également connue sous le nom d'Armée rouge centrale) partirent de Changting et Ninghua, dans l'ouest du Fujian, et de Juichin, Yutu et d'autres localités du sud du Jiangxi, entamant ainsi une importante opération stratégique. Traversant les onze provinces du Fujian, du Jiangxi, du Guangdong, du Hunan, du Guangxi, du Guizhou, du Sichuan, du Yunnan, du Sichuan, du Guangxi, du Gansu et du Shaanxi, franchissant des montagnes aux sommets enneigés perpétuellement et des prairies désertes, endurant d'innombrables épreuves et déjouant les tentatives répétées d'encerclement, de poursuite, d'obstruction et d'interception de l'ennemi, l'Armée rouge parcourut 25 000 li (12 500 kilomètres) au cours de cette marche et parvint finalement triomphalement à la base révolutionnaire du nord du Shaanxi en octobre 1935.

27Ce sujet ne peut être abordé en détail ici ; il convient donc de noter que les chiffres de 30 millions de morts, voire plus, dus à la famine, souvent avancés par le révisionnisme historique anticommuniste, sont totalement infondés et reposent très probablement sur des erreurs statistiques. Les observateurs de l’époque, et même la CIA, n’ont pas évoqué une famine d’une telle ampleur vers 1961. (Voir Gao 2018, p. 170-189 ; Joseph Ball : « Did Mao Really Kill Millions in the Great Leap Forward? », Monthly Review, 2006, en ligne : https://mronline.org/2006/09/21/did-mao-really-kill-millions-in-the-great-leap-forward/.)

28 L'expérience personnelle de l'auteur lors de son séjour en Chine en 1959, 1960, 1961 et 1962.


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